Amnesty dénonce les conditions de rétention des migrants à Lesbos

Un rapport publié jeudi par Amnesty International dénonce les mauvaises conditions dans lesquelles les migrants sont retenus à Lesbos et Chios (GRC). Les procédures d'asile y seraient également menées de façon expéditive.
08 avr. 2016, 07:15
/ Màj. le 08 avr. 2016 à 07:23
Les gens détenus sur l'île de Chios n'auraient virtuellement accès à aucune aide juridique.

Les migrants retenus sur les îles grecques de Lesbos et de Chios (GRC) vivent dans des conditions "effroyables", a dénoncé Amnesty International dans un rapport publié jeudi. Ils n'ont qu'un accès limité à une assistance juridique, voire à une simple information sur leur statut, selon l'ONG.

Au terme de l'accord conclu entre l'Union européenne et Ankara, toutes les personnes arrivées clandestinement dans les îles grecques de la mer Egée depuis le 20 mars sont placées dans des centres de rétention, où leurs demandes s'asile sont examinées. Ceux qui sont déboutés sont renvoyés en Turquie. Un premier groupe de 202 migrants, pour l'essentiel originaires du Pakistan et d'Afghanistan, a été expulsé lundi.

"Les gens détenus à Lesbos et Chios n'ont virtuellement accès à aucune aide juridique, ont un accès limité à des services et à un soutien et n'ont pratiquement pas d'informations sur leur statut actuel ou leur sort possible", a déclaré Gauri van Gulik, directrice adjointe d'Amnesty pour l'Europe.

Procédures expéditives

"La peur et le désespoir sont palpables", a-t-elle ajouté. Le rapport d'Amnesty relaie notamment les difficultés des migrants à trouver des médecins ou une assistance médicale.

Quant aux procédures d'asile, elles sont menées de façon expéditive, poursuit l'organisation de défense des droits de l'homme, qui souligne que la vaste majorité des migrants ne bénéficie d'aucune assistance juridique.

"Il est probable que des milliers de demandeurs d'asile seront renvoyés en Turquie malgré le fait que cela sera manifestement dangereux pour eux", déplore Amnesty.

Des témoignages, note Gauri van Gulik, "montrent qu'en plus du fait que la Turquie n'est pas pour l'instant un pays sûr pour les réfugiés, il existe de graves dysfonctionnements du côté grec de l'accord entre l'UE et la Turquie. Tant que ces deux points n'auront pas été pleinement réglés, aucun retour ne devrait être effectué".