Après l'échec du Congrès, Obama attaque les républicains

Le président américain Barack Obama est reparti à l'offensive mardi contre les républicains au lendemain de l'échec de la "super-commission" chargée de résorber le déficit. Il a mis en garde contre des hausses d'impôts si le blocage persiste au Congrès.
03 août 2015, 19:44
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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"Je sais que les républicains aiment se présenter comme le parti des réductions d'impôts. 'Nous vivants, les impôts n'augmenteront jamais', disent-ils", a ironisé le président dans une école de Manchester au New Hampshire (nord-est), Etat-clé dans la perspective de la présidentielle de l'an prochain.

"La question à laquelle ils devront répondre lorsqu'ils reviendront (la semaine prochaine) des vacances de Thanksgiving sera de savoir s'ils vont vraiment vouloir revenir sur leurs promesses de ne jamais augmenter les impôts, et augmenter ceux de la classe moyenne pour des raisons purement politiciennes", a-t-il ajouté, référence à un dispositif d'allègement de charges salariales qui expire fin décembre et dont il souhaite que le Congrès vote la prorogation.

Hausse d'impôts

"S'ils votent non (...) les impôts d'une famille moyenne augmenteront de 1000 dollars l'année prochaine. S'ils votent oui, cette famille bénéficiera de réductions d'impôts de 1500 dollars", a fait valoir M. Obama, en incluant dans son argumentaire le plan pour l'emploi qu'il a présenté début septembre et dont les allègements font partie.

"Dites-leur de ne pas être un 'Grinch' et de ne pas voter une augmentation des impôts des Américains pendant les fêtes", a lancé M. Obama, allusion au personnage maléfique de fiction opposé à l'esprit de Noël, créé par le populaire écrivain américain "Dr. Seuss".

M. Obama a été brièvement interrompu par quelques manifestants apparemment liés au mouvement anti-Wall Street, avant de reprendre son discours.

Plan emploi

Le plan emploi, mêlant mesures de relance et cadeaux fiscaux pour les PME et la classe moyenne, a jusqu'ici été rejeté par les républicains, en position de force au Congrès. Ils renâclent face au financement de ce dispositif de 447 milliards de dollars, assuré en partie par une hausse des contributions des Américains les plus aisés.

Une seule mesure, un dispositif fiscal destiné à faciliter l'embauche d'anciens combattants, a été votée par les deux chambres et promulguée lundi par M. Obama. Mais ce rare moment de coopération a été immédiatement assombri par l'échec retentissant de la "super-commission" parlementaire sur le déficit.

Echec de la "super-commission"

Les douze membres de cette commission mixte - six républicains et autant de démocrates - étaient chargés de réduire le déficit de 1200 milliards de dollars mais ils ont constaté leur désaccord lundi. Les républicains refusent toute hausse de la fiscalité pour les plus riches tandis que les démocrates rejettent des coupes massives dans les grands programmes sociaux.

Des coupes touchant le budget de la Défense et les programmes sociaux doivent désormais automatiquement entrer en vigueur.

Bataille pré-électorale

Le choix du New Hampshire pour le court déplacement de mardi n'est pas innocent pour M. Obama, qui l'avait aisément remporté en 2008 mais y est aujourd'hui distancé de quelque dix points par son possible adversaire républicain Mitt Romney, selon les derniers sondages.

L'équipe de campagne de M. Romney a saisi l'occasion pour lancer dans cet Etat une série de publicités s'en prenant au bilan de M. Obama en matière d'emploi. "Les preuves sont sans appel. Je vais être brutal. Votre politique a échoué", écrit l'ancien gouverneur du Massachusetts.

Dans l'avion présidentiel Air Force One en route vers Manchester, le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a condamné une publicité "malhonnête" et expliqué aux journalistes que M. Obama voulait avant tout parler "des moyens de soutenir l'économie".