Arrestations de suspects dans l'attaque du consulat américain

Des suspects ont déjà été arrêtés grâce à l'enquête sur l'attaque du consulat du 11 septembre à Benghazi qui a coûté la vie à quatre américains, dont l'ambassadeur ont annoncé les autorités libyennes.
06 août 2015, 14:21
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
L'explosion a détruit le bâtiment de l'ambassade et tué quatre personnes dont l'ambassadeur.

Les autorités libyennes ont annoncé jeudi avoir arrêté des suspects dans le cadre de l'enquête sur l'attaque contre le consulat des Etats-Unis à Benghazi. L'assaut a coûté la vie à quatre Américains dont l'ambassadeur Chris Stevens. Le réseau terroriste Al-Qaïda est pointé du doigt.

Les ministères libyens de "l'Intérieur et de la Justice ont commencé les investigations et la collecte de preuves et quelques personnes ont été arrêtées", a déclaré le vice-ministre de l'Intérieur, Wanis al-Charef.
 
"Nous avons fait une importante avancée. Nous avons des noms et des photos. Des arrestations ont eu lieu et d'autres sont menées au moment où je vous parle", a annoncé jeudi le nouveau chef du gouvernement libyen Moustapha Abou Chagour, sans donner de détails sur le nombre ou l'éventuelle appartenance des suspects.
 
Le porte-parole de la Haute commission de sécurité du ministère de l'Intérieur a lui annoncé la formation d'une commission indépendante pour enquêter sur l'attaque. Elle sera présidée par un juge et regroupe des "experts" des ministères de la Justice et de l'Intérieur.
 
Une opération "coordonnée"
 
Selon ce porte-parole, l'enquête est "très compliquée" dans la mesure où la foule présente dans le périmètre du consulat n'était "pas homogène". "Il y avait des extrémistes, de simples citoyens, des femmes, des enfants, des criminels", a-t-il ajouté.
 
Initialement mise sur le compte de manifestants en colère contre une vidéo diffusée sur Internet, intitulée "Innocence of Muslims" ("L'Innocence des musulmans") et dénigrant l'islam, l'attaque résulterait plutôt d'une opération coordonnée, affirme un responsable américain.
 
Selon cette source, des extrémistes se sont servis de manifestants protestant contre le film comme d'un "prétexte" pour s'en prendre au consulat avec des armes de petit calibre mais aussi des lance-roquettes.
 
"Il y a des détails encore assez flous, mais clairement, on a la signature d'Al-Qaïda", a estimé de son côté Mike Rogers, président républicain de la commission du renseignement au Congrès américain, sur la chaîne CNN.
 
Attaque "professionnelle"
 
D'autres responsables américains, s'exprimant sous couvert d'anonymat, ont parlé d'une "attaque complexe" tout en refusant de se prononcer sur l'identité de ses auteurs. Le second assaut lancé contre le lieu où les diplomates ont été conduits après le début de l'attaque, a été mené de façon professionnelle, ont-ils assuré.
 
Le président américain Barack Obama a ordonné de revoir les mesures de sécurité autour de toutes les missions diplomatiques américaines. Il a également appelé les dirigeants d'Egypte et de Libye pour discuter de leur coopération dans le domaine de la sécurité après l'attaque, a indiqué jeudi la Maison Blanche.
 
M. Obama, qui s'est entretenu avec le président du Congrès national général libyen, Mohamed al-Megaryef, "lui a indiqué qu'il appréciait la coopération du gouvernement et du peuple libyens avec les Etats-Unis, après cette scandaleuse attaque", a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué.
 
M. Megaryef avait présenté mercredi ses excuses aux Etats-Unis et pointé du doigt à la fois les partisans du régime déchu de Mouammar Kadhafi et Al-Qaïda après l'attaque à Benghazi, ville considérée comme un fief des islamistes radicaux.
 
Destroyers envoyés en Libye
 
La marine américaine a de son côté envoyé deux destroyers vers les côtes libyennes, "simplement par mesure préventive", selon un haut gradé américain. Washington a également dépêché en Libye une équipe d'une cinquantaine de Marines spécialisés dans la lutte antiterroriste.
 
L'attaque de Benghazi survenue mardi, jour du 11e anniversaire des attentats du 11-Septembre, a suscité une vague de condamnations internationales, en premier lieu aux Etats-Unis.
 
Près d'un an après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, elle a illustré une fois de plus l'incapacité des autorités libyennes à assurer la sécurité dans le pays, où les milices armées font la loi.