Attaques talibanes après la visite de Barack Obama

En réponse à la visite éclair du président américain Barack Obama en Afghanistan, les talibans ont attaqué mercredi une résidence occupée par des étrangers près de Kaboul, faisant sept morts. Ils ont également annoncé le lancement d'une grande offensive.
05 août 2015, 16:44
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Obama était en Afghanistan il y a quelques jours.

Lors de son court passage de nuit, Barack Obama a signé avec son homologue Hamid Karzaï un accord encadrant les conditions d'une présence de soldats américains en Afghanistan jusqu'en 2024. Un texte jugé "illégitime" par les talibans.

Peu après le départ du président américain, les rebelles ont à nouveau mené une attaque meurtrière dans la région de Kaboul, montrant une fois de plus leur capacité à frapper dans une zone censée être sécurisée.

L'attaque a été lancée vers 06h15 locales (03h30 en Suisse) par des rebelles cachés sous des burqas. Ils ont fait exploser une voiture piégée devant un complexe sécurisé où logent notamment des employés de l'ONU, de l'Union européenne et d'ONG, avant d'attaquer les gardes.

Sept victimes

Selon le ministère afghan de l'Intérieur, sept personnes, dont un garde, ont été tués. Au moins six de ces victimes sont afghanes, a-t-il précisé. L'attaque a également blessé 18 personnes, dont huit ont été emmenées à l'hôpital, selon le ministère de la Santé.

Vers 10h, la force de l'OTAN en Afghanistan (ISAF) a annoncé que l'assaut avait pris fin et que les trois assaillants avaient été tués.

Les talibans ont revendiqué l'assaut, affirmant que "cette attaque est notre réponse au voyage d'Obama en Afghanistan. Nous voulons lui dire qu'au lieu de signer un accord stratégique, il devrait retirer les soldats d'Afghanistan et laisser les Afghans reconstruire leur pays", a déclaré un porte-parole des talibans.

Un porte-parole de l'OTAN en Afghanistan a déclaré que l'Alliance atlantique avait été informée de plusieurs autres explosions.

"La guerre n'est pas encore finie"

Lors de sa visite de six heures, M. Obama, qui brigue un second mandat de quatre ans, s'est surtout présenté devant ses compatriotes comme un commandant en chef capable de mettre fin à cet interminable conflit. Il s'est toutefois gardé de s'engager sur une date.

Dans un discours aux soldats retransmis en direct par les télévisions américaines de la base aérienne américaine de Bagram, près de Kaboul, M. Obama a promis "un nouveau jour" à ses compatriotes, affirmant que vaincre Al-Qaïda était "désormais à (la) portée" des Etats-Unis. Il a cependant averti que "la guerre n'est pas encore finie".

Les talibans mènent depuis dix ans une tenace rébellion contre le gouvernement pro-occidental de Kaboul et son alliée l'ISAF.

Cette dernière, dirigée par les Etats-Unis et composée à plus des deux tiers de soldats américains, compte également des contingents d'une quarantaine de pays et prévoit de retirer toutes ses troupes de combat du pays d'ici la fin 2014, laissant craindre une future guerre civile par la suite.