Attentats de Bruxelles: Mohamed Abrini avoue être le "troisième homme" de l'aéroport

L'inculpé Mohamed Abrini, "l'homme au chapeau" a avoué être le troisième homme présent lors des attentats de Bruxelles. Confronté aux résultats de plusieurs expertises, il a du reconnaitre sa présence lors des faits.
09 avr. 2016, 19:26
/ Màj. le 09 avr. 2016 à 20:34
Mohamed Abrini est bien le troisième homme présent aux attentats de l'aéroport de Bruxelles.

Suspect-clé des attentats de Paris et interpellé vendredi en Belgique, Mohamed Abrini a reconnu être "l'homme au chapeau" recherché depuis les attentats de Bruxelles. Il avait été filmé le 22 mars par les caméras de surveillance en compagnie des deux kamikazes de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem.

"Il a dû admettre que c'était lui (...), il n'avait pas d'autre choix" après que les enquêteurs lui ont montré la vidéo, a dit samedi un porte-parole du parquet fédéral de Belgique.

"Il a été confronté aux résultats de diverses expertises et a reconnu sa présence lors des faits. Il a expliqué avoir jeté sa veste dans une poubelle et revendu son chapeau ensuite", a précisé le parquet dans un bref communiqué.

Le Belgo-Marocain de 31 ans était déjà soupçonné d'être impliqué dans la préparation des attaques du 13 novembre qui ont fait 130 morts à Paris et à Saint-Denis. Il avait été inculpé plus tôt dans la journée pour participation à une organisation terroriste et assassinats terroristes, dans le cadre de l'enquête sur les attentats du 13 novembre à Paris.

Trois autres suspects arrêtés vendredi à Bruxelles ont été également inculpés. Au total, six suspects ont été appréhendés vendredi mais deux d'entre eux, interpellés en même temps que Mohamed Abrini, ont été remis en liberté, a précisé le procureur.

Le deuxième homme du métro

Un autre suspect, identifié sous le nom d'Osama K., est également inculpé des mêmes chefs d'accusation dans le dossier des attentats de Bruxelles. Il est "le deuxième homme", qui a été en contact avec le kamikaze qui s'est fait sauter dans la station de métro Maelbeek.

Il était également "présent" dans un centre commercial lors de l'achat des sacs qui ont servi lors de la double explosion-suicide à l'aéroport international de Bruxelles-Zaventem, précise le parquet.

Deux autres hommes interpellés vendredi ont été inculpés et placés sous mandats d'arrêt: Hervé B. M., un Rwandais de 25 ans, arrêté en même temps qu'Osama K., pour "participation aux activités d'un groupe terroriste et complicité d'assassinats terroristes".

Interpellé vendredi soir dans la commune bruxelloise de Laeken, Bilal E. M., 27 ans, est soupçonné d'avoir aidé Mohamed Abrini et Osama K., et inculpé lui aussi de "participation aux activités d'un groupe terroriste et de complicité d'assassinats terroristes".

Perquisitions

Les arrestations ont été suivies de plusieurs opérations de police: à Anderlecht, au lieu de résidence possible de Mohamed Abrini, à Laeken au logement d'Hervé B. M., et au logement de Bilal E. M. Ni arme ni explosif n'ont été découverts, indique le parquet.

La police belge, appuyée par des tireurs d'élite, a mené samedi une perquisition dans un immeuble du quartier d'Etterbeek dans le centre de Bruxelles. Le bâtiment, dont les occupants ont été évacués, était un immeuble d'habitation avec un commerce au rez-de-chaussée.

Les abords ont été bouclés et une équipe de la médecine légale est intervenue à l'intérieur des locaux. La police n'a procédé à aucune arrestation lors de cette opération et le parquet a précisé que ni armes ni explosifs n'avaient été retrouvés sur place.

"Rester actifs et prudents"

Le Premier ministre belge Charles Michel a précisé samedi que les autorités demeuraient en état d'alerte face à la menace terroriste dans le pays. "Notre message est que nous sommes positifs concernant les récents développements de l'enquête. Mais nous savons que nous devons rester attentifs et prudents", a-t-il dit.