Australie: la Grande barrière de corail est menacée par l'exploitation minière

La Grande barrière de corail australienne est menacée par l'exploitation minière. L'Unesco tire la sonnette d'alarme.
06 août 2015, 09:54
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Great Barrier Reef, June 24, 2004. File - Undated photo of an undamaged section of the Great Barrier Reef. Scientists have warned the reef, which stretches for 2000km and is one of the seven wonders of the world, had lost half its coral cover in the last 40 years and was continuing a rapid decline. The decline is a result of factors such as global warming, over-fishing, chemical pollution, disease and sedimentation from urban development and agriculture.  (KEYSTONE/EPA/James Cook)    === University AUSTRALIA OUT, NEW ZEALAND OUT, ,  ===

L'Unesco a exhorté samedi l'Australie à prendre des mesures urgentes pour protéger la Grande barrière de corail du boom de l'exploitation minière et du gaz. Elle a aussi menacé de l'ajouter à la liste des sites "en danger" du patrimoine de l'humanité.

L'Australie a lancé un programme d'investissements sans précédent dans l'exploitation des ressources énergétiques pour répondre à la demande croissante de l'Asie, avec un projet de conduite de 450 milliards de dollars australiens (422 milliards de francs).

La plus grande barrière de corail du monde n'est pas encore suffisamment touchée pour être déclarée en danger, mais l'Unesco estime que le nombre et l'importance des projets, y compris ceux concernant le gaz naturel liquéfié (LGN), de tourisme et l'exploitaion minière représentent une réelle menace.

Huit mois pour changer

La baisse de la qualité de l'eau et le changement du climat sont des enjeux majeurs mais il est "essentiel de freiner le développement économique qui menace la résistance de la barrière de corail", a déclaré l'Unesco.

Le comité a menacé de classer le site "en danger" si certains des plus grands projets n'étaient pas abandonnés, accordant huit mois à l'Australie pour adopter une charte de développement plus soutenable.

Dispositions prévues

Le ministre australien de l'environnement Tony Burke a reconnu que la barrière de corail était exposée "aux risques du changement climatique et à l'impact du développement côtier" et que Canberra en était "tout à fait conscient".

"Malgré la complexité de ces questions, nous sommes déterminés à y faire face en prenant une série de dispositions sur la côte et l'environnement marin", a ajouté M. Burke.

Campbell Newman, le Premier ministre de l'Etat du Queensland, qui est localement responsable de la barrière, a rappelé lui que sa région vivait de l'exploitation du charbon et qu'il n'était pas question de mettre en danger l'avenir économique du Queensland mais qu'il protégerait l'environnement.

Enormes travaux d'expansion

Les défenseurs de l'environnement ont appelé à une prise de conscience du gouvernement, l'Australian Conservation Foundation (ACF) considérant que le risque d'être épinglé par l'Unesco serait une "honte nationale" pour le pays.

Une mission de l'Unesco venue en mars estimer l'impact du projet d'exploitation de gaz naturel sur l'île Curtis a conclu à des conséquences sérieuses pour l'environnement du boom "sans précédent" du développement minier.

Le port de Gladstone - un hub pour l'exportation du charbon vers le Japon, l'Inde, la Corée du nord et la Chine - a entrepris d'énormes travaux d'expansion qui selon les défenseurs de l'environnement, détruise la vie marine.

Mesures insuffisantes

L'Unesco a estimé que les mesures environnementales prises par le gouvernement à Gladstone et sur l'île Curtis, avec un projet de LNG visant une production annuelle de 12 millions de tonnes, étaient nettement insuffisantes pour protéger le récif.

M. Burke a admis qu'il y avait des "décisions significatives" à prendre concernant l'avenir de la barrière de corail, mais a rappelé que certains projets inquiétant l'Unesco avaient été revus à la baisse depuis leur visite.