Australie: le constructeur naval français DCNS décroche un contrat pour douze sous-marins

L'Australie a attribué un contrat de sous-marins au constructeur naval français DCNS. L'octroi de ce contrat constitue un enjeu politique majeur pour l'Australie, puisqu'il créera des milliers d'emplois dans l'Est du pays.
26 avr. 2016, 07:36
/ Màj. le 26 avr. 2016 à 07:48
Le constructeur naval français décroche un contrat pour 12 sous-marins en Australie.

Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull a annoncé mardi l'attribution d'un contrat géant de sous-marins au constructeur naval français DCNS. Il a précisé que les 12 sous-marins seraient construits en Australie.

Le colossal contrat est évalué à 50 milliards de dollars australiens (37,6 milliards de francs). DCNS, filiale à 35% de l'équipementier Thales, était en compétition avec l'allemand Thyssenkrupp Marine Systems (TKMS) et un consortium japonais.

Le constructeur français va fournir à l'Australie une version hybride (diesel-électrique) de son sous-marin à propulsion nucléaire Barracuda (5000 tonnes). Ils seront construits dans l'Etat d'Australie méridionale, a indiqué Malcolm Turnbull.

TKMS avançait une version agrandie de son Type 214 de 2000 tonnes. Le consortium japonais formé par l'Etat, Mitsubishi Heavy Industries. Kawasaki Heavy Industries, présentait, lui, une variante du Soryu (4000 tonnes), qui utilise des batteries lithium-ion.

Plusieurs sources avaient déclaré en janvier à Reuters que DCNS et le consortium japonais avaient une longueur d'avance dans ce dossier. Il y a une semaine, la chaîne australienne ABC avait laissé entendre que les Japonais n'étaient plus dans la course.

Expérience

Le mois dernier, la directrice générale adjointe de DCNS, Marie-Pierre de Bailliencourt, s'était dite confiante dans les chances du constructeur naval français lors d'un entretien téléphonique à Reuters.

"Nous avons l'expérience du travail avec des pays amis, du transfert de technologies et de la maîtrise des risques des programmes", avait-elle déclaré.

 

 

Marie-Pierre de Bailliencourt avait dit à l'époque espérer que l'Australie annoncerait son choix en juin mais la décision de Malcolm Turnbull de convoquer des élections législatives anticipées le 2 juillet a accéléré le processus.

Enjeu politique majeur

L'attribution de ce contrat représente un enjeu politique majeur pour le gouvernement australien, puisqu'il impactera des milliers d'emplois dans l'Etat d'Australie méridionale où le Parti libéral du Premier ministre jouera une partie de son avenir politique.

"De grosses sommes d'argent public sont en jeu", a déclaré Scott Morrisson, le ministre australien chargé des dépenses publiques (trésorier) avant que ne soit annoncé le vainqueur de l'appel d'offres. "La priorité est que l'Australie obtienne (de ce contrat) de vrais bénéfices en matière d'emploi et d'expérience pour l'avenir", a-t-il ajouté.