Avertissement de S&P: Paris s'efforce de garder la main

Le gouvernement français s'est efforcé aujourd'hui de montrer qu'il gardait la maîtrise de la situation au lendemain de l'annonce par Standard & Poor's du placement sous surveillance du AAA français. Angela Merkel a de son côté relativisé la situation.
03 août 2015, 21:07
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
L'agence a placé sous surveillance le AAA français.

La France est désormais directement menacée par l'agence de notation américaine, après avoir été placée sous surveillance en même temps que 14 autres pays de la zone euro dont l'Allemagne. «Ce n'est pas une dégradation, c'est une menace de dégradation qui concerne l'ensemble de la zone euro», a temporisé le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé sur RTL.

«Nous savons que nous avons plus d'efforts à faire que d'autres, c'est sûr», a-t-il ajouté. «C'est une menace, ce n'est pas une décision, mais bien sûr qu'il faut la prendre au sérieux».

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a réclamé pour sa part une réflexion sur le rôle joué par les agences de notation dans la crise de la dette. Selon lui, la méthodologie de S&P est devenue plus politique et moins économique.

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé que ce que fait une agence de notation relève de sa propre responsabilité, refusant de commenter la décision de S&P. Lors du Sommet européen de vendredi, les responsables européens prendront des décisions afin de regagner la confiance, a souligné Angela Merkel lors d'une conférence de presse, ajoutant qu'il s'agissait là d'un long processus.

Le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, a qualifié de son côté «exagérée et aussi injuste» la menace de l'agence de notation financière.

«Nous sommes en train de maîtriser la crise de la dette, nous consolidons, nous réformons, nous réformons aussi la façon dont nous gouvernons», a-t-il plaidé sur la radio Deutschlandfunk. «Cela m'étonne beaucoup que cette nouvelle tombe du ciel à l'aube du  sommet européen. Cela ne peut pas être une coïncidence», a-t-il ajouté.