Banlieue parisienne: vives échauffourées après le décès d'une jeune lors de son interpellation

Une marche réunissant plusieurs milliers de personnes a été la scène d'échauffourées vendredi, à Beaumont-sur-Oise, une banlieue de Paris. Les gens s'étaient réunis suite à la mort, mardi, d'un jeune lors de son interpellation par la police. Dix personnes ont été arrêtées.
23 juil. 2016, 09:10
/ Màj. le 23 juil. 2016 à 11:05
La mort d'Adama Traoré avait déjà entraîné plusieurs nuits d'échauffourées dans les communes de Beaumont-sur-Oise et Persan, avant de s'étendre à trois communes voisines.

Dix personnes ont été interpellées dans la nuit de vendredi à samedi dans une banlieue nord de Paris, selon les autorités locales. La zone a été agitée par des violences depuis la mort mardi d'un jeune lors de son interpellation.

Il s'agit de la quatrième nuit consécutive d'échauffourées sur place. Les forces de l'ordre ont notamment été visées par des tirs de mortiers artisanaux et de chevrotines, a rapporté un photographe de l'AFP qui en a été témoin.

Quatre gendarmes ont été "blessés très légèrement", a indiqué la préfecture. Celle-ci a aussi fait état d'un incendie dans une entreprise de palettes, ainsi que de dix véhicules et des poubelles brûlés.

Les échauffourées ont été concentrées sur les communes de Beaumont-sur-Oise, d'où était originaire Adama Traoré, le jeune homme décédé mardi, et celles voisines de Persan et Bruyères-sur-Oise.

 

Renforts policiers

Des policiers sont venus renforcer dans la nuit un dispositif de sécurité déjà fort de 150 policiers et gendarmes.

Vendredi après-midi, une marche en mémoire d'Adama Traoré avait rassemblé au moins 1500 personnes sans incident à Beaumont-sur-Oise.

Adama Traoré, 24 ans, est décédé mardi alors qu'il venait d'être arrêté par les gendarmes. Son entourage considère qu'il s'agit d'une "bavure" et, depuis, les nuits sont ponctuées de violences à Beaumont et dans les communes avoisinantes.

"Infection très grave"

L'autopsie pratiquée sur le corps du jeune homme a elle écarté la responsabilité des forces de l'ordre dans son décès.

Jeudi, les autorités judiciaires avaient indiqué qu'Adama Traoré souffrait d'une "infection très grave", "touchant plusieurs organes". Une pathologie qui serait à l'origine de sa mort, selon une source proche de l'enquête.