Belgique: décès de l'ancienne reine Fabiola à l'âge de 86 ans

L'ancienne reine des Belges Fabiola est décédée vendredi soir à Bruxelles à l'âge de 86 ans, a annoncé le Palais royal. Née Dona Fabiola de Mora y Aragon le 11 juin 1928 à Madrid dans une famille de la noblesse espagnole, elle était restée très populaire dans son pays d'adoption plus de 20 ans après le décès de son époux Baudoin.
07 août 2015, 14:31
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
La reine Fabiola est décédée ce vendredi soir à l'âge de 86 ans

"Leurs Majestés le Roi et la Reine et les Membres de la Famille Royale annoncent avec une très grande tristesse le décès de Sa Majesté la Reine Fabiola, survenu ce soir au Château du Stuyvenberg à Bruxelles", a annoncé le Palais dans un communiqué.

Le drapeau qui flotte au dessus du palais royal dans le centre de Bruxelles a été mis en berne. L'annonce de "funérailles d'Etat" n'avait pas encore été faite vendredi soir.

Apparitions de plus en plus rares

Fabiola avait assisté en juillet 2013 à la passation de pouvoir entre son beau-frère, le roi Albert II, qui avait succédé à Baudouin, et son neveu Philippe, dont elle était proche.

Les années passant, une arthrose l'avait contrainte à s'appuyer sur une canne puis à se déplacer en fauteuil roulant, ses apparitions devenant alors de plus en plus rares.

Personnalité forte et enjouée

Dona Fabiola de Mora y Aragon avait épousé Baudouin en décembre 1960, devenant la cinquième reine des Belges jusqu'en 1993, quand le roi était décédé brutalement en Espagne.

Cette femme à la personnalité forte et enjouée, "folle de musique et folle de danse", avait rendu le sourire à Baudouin, surnommé le "roi triste" depuis son accession au trône en 1951 dans des conditions difficiles après l'abdication de son père Léopold III.

"La Belgique perd ce soir une grande reine qui a fait rayonner l'image de notre pays à travers le monde entier. Nous garderons le souvenir d'une grande dame qui s'inscrira dans l'Histoire de notre pays", a déclaré dans un communiqué le Premier ministre, le libéral Charles Michel.

"La reine Fabiola a assisté le roi Baudouin durant tout son règne au service de la Belgique. Elle restera dans les mémoires pour sa présence et sa disponibilité, notamment auprès des plus fragiles de notre société", a souligné son prédécesseur, le socialiste Elio Di Rupo.

"Une page se tourne"

"C'est une page qui se tourne" avec la disparition de la reine Fabiola, ont estimé plusieurs dirigeants politiques en soulignant que sous le règne de Baudouin, la Belgique était passée d'un Etat unitaire à un pays fédéral. Geert Bourgeois, le ministre-président de la région flamande, membre du parti nationaliste N-VA, a exprimé son "chagrin".

Cette reine très catholique avait marqué les esprits du monde entier en 1993 en assistant aux obsèques du roi Baudouin tout de blanc vêtue, signe d'espoir et de résurrection. Elle était alors entrée dans la légende comme la "reine blanche". La grande "souffrance" du couple, selon les mots de Baudouin, fut de n'avoir jamais d'enfants.

"Une personne très attachante"

Plusieurs membres de la famille royale, dont son beau-frère, l'ancien roi Albert II et son épouse Paola, sont venus se recueillir au château du Stuyvenberg, où résidait Fabiola et où elle reposait vendredi soir.

"Je tenais à venir pour lui remettre quelques fleurs", a déclaré un homme d'une cinquantaine d'années, interrogé par la chaîne RTL-TVI devant les grilles du château. "C'était une personne très attachante, qui a fait beaucoup pour la Belgique".

Polémique

Début 2013, Fabiola s'était retrouvée au coeur d'une polémique, écornant son image et affaiblissant la monarchie, lorsque la presse avait révélé qu'elle avait créé une "fondation privée" destinée à aider ses neveux et nièces et des oeuvres culturelles ou sociales promouvant ses convictions catholiques. Elle s'était résolue à dissoudre sa fondation et avait par la suite limité encore plus ses sorties publiques.