Benoît XVI confronté à de délicats problèmes en Amérique latine

Thèmes délicats pour le pape lors de sa visite en Amérique hispanophone, au Mexique et à Cuba notamment.
05 août 2015, 16:05
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Le pape Benoît XVI se rend vendredi pour six jours au Mexique et à Cuba. Cette plongée dans l'Amérique latine hispanophone le confrontera à des thèmes délicats, de la violence des cartels de la drogue au Mexique à la démocratisation de Cuba.

Durant ce périple de près d'une semaine, Joseph Ratzinger, qui aura 85 ans en avril et montre des signes de fatigue normaux pour son âge, aura un programme relativement léger de rencontres, ponctué de moments de repos. C'est le 23e voyage hors d'Italie du pape, et le deuxième en Amérique Latine après celui de 2007 au Brésil.

Le pape devrait aborder des problèmes rencontrés par les catholiques latino-américains: la montée des groupes et sectes, notamment pentecôtistes, le syncrétisme, la baisse de la pratique religieuse et la remise en cause de la famille traditionnelle sous l'effet de la libéralisation des moeurs.

Cultes mariaux

Pour soutenir la dévotion populaire, Benoît XVI fera appel aux cultes mariaux rassembleurs: la vierge de Guadalupe au Mexique dont la reproduction sera présente à Léon, première étape du voyage, et la vierge del Cobre (du Cuivre) lors de son étape à Santiago de Cuba.

"Leon a été choisi parce que Jean Paul II (qui s'était rendu cinq fois au Mexique) n'y était pas allé et qu'elle est au centre géographique du pays, atteignable en 4 heures par 70% de la population", a expliqué le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican, en présentant le voyage.

Violence et émigration

Dans ce pays à tradition laïque mais très croyant (deuxième pays catholique après le Brésil avec 93 millions de baptisés sur 112 millions d'habitant, soit 83%), un message du pape est vivement attendu pour condamner la guerre que livrent au nord les narcotrafiquants aux forces de sécurité, et qui a fait des dizaines de milliers de morts.

Un autre sujet devrait être celui de l'émigration massive des Latino-Américains, notamment d'Amérique centrale, vers les Etats-Unis. Ils tombent victimes des exactions des narcotrafiquants et sont parfois refoulés brutalement dans la zone frontalière.

Castro

Les dernières étapes du voyage à Santiago di Cuba et La Havane devraient voir le pape chaleureusement accueilli par la communauté catholique (10% des 11,2 millions d'habitants), qui attend avec impatience son voyage, quatorze ans après celui historique de Jean Paul II. Il avait contribué à ouvrir le régime communiste et détendre les relations avec l'Eglise.

Le pape rencontrera le mardi 27 le président Raul Castro. A l'occasion de cette visite au Palais de la révolution, une brève entrevue n'est pas exclue avec le "Lider Maximo" Fidel Castro, qui a un an de plus que Joseph Ratzinger.

Détente

Les propos du pape sur l'évolution politique devraient être soigneusement pesés, pour ne pas gâcher la détente relative existant actuellement entre l'Etat et la hiérarchie catholique, à la tête d'un puissant système d'assistance sociale. Le pape devrait éviter que son message soit récupéré tant par le régime que par l'opposition.

Aucune rencontre n'est prévue avec des dissidents, et le Vatican a soutenu l'épiscopat cubain qui a condamné l'occupation d'une Eglise la semaine dernière. La visite devrait s'achever par une grande messe sur la place de la Révolution où Jean Paul II avait célébré une messe triomphale en 1998.