Brésil: l'armée appelée en renfort à Rio pour contrer des fusillades

Une série de fusillades entre bandes rivales dans la favela de Rocinha, à Rio, a contraint vendredi le gouverneur de l'Etat à faire appel à l'armée.
22 sept. 2017, 21:44
/ Màj. le 22 sept. 2017 à 21:47
Dans les rues de la Rocinha, la plus grande favela de Rio, on assiste à des scènes de guerre entre la police et des trafiquants qui terrorisent la population.

L'armée brésilienne a été appelée vendredi en renfort pour sécuriser la Rocinha, la plus grande favela de Rio. Cette zone est le théâtre de scènes de guerre lors d'affrontements armés entre la police et des trafiquants qui terrorisent la population.

Cette série de fusillades a débuté dimanche après l'incursion d'une bande rivale. Vendredi matin, un échange de tirs nourris a résonné dans ce quartier central où vivent 75'000 personnes, à proximité de la très chic plage de Leblon. Sur des vidéos diffusées via les réseaux sociaux, on peut voir des hommes armés qui ouvrent le feu à de nombreuses reprises à travers les ruelles de la favela.

 

 

La voie rapide qui jouxte ce quartier et relie le sud de Rio à l'ouest était fermée et des dizaines de policiers y circulaient lourdement armés, a constaté l'AFP sur place. Un bus a été incendié à proximité du tunnel passant sous la Rocinha et des colonnes de fumée montaient en différents points de cette zone.

Les habitants étaient obligés de s'abriter chez eux tandis que les cours dans les écoles étaient suspendus.

Les quelques personnes qui osaient s'aventurer à l'extérieur refusaient de parler à la presse par peur des représailles. Une habitante de longue date a lâché qu'elle n'avait jamais rien vu de tel.

Quartier quadrillé

C'est le gouverneur de l'Etat de Rio, Luiz Fernando Pezao, qui a fait appel à l'armée. Le ministre brésilien de la défense, Raul Jungmann, a annoncé l'envoi de 700 militaires pour quadriller le quartier.

Des échanges de tirs avaient également lieu vendredi dans d'autres favelas de Rio. Guerre entre gangs, enfants tués par des balles perdues pendant des raids de police dans les favelas, recrudescence des vols à main armée: le sentiment d'insécurité est omniprésent.