Colombie: le gouvernement durcit sa relation avec les Farc

A l'heure des questions sur le cessez-le-feu entre les autorités colombiennes et les Farc, l'ancien président Uribe veut durcir les mesures prises contre les révolutionnaires ayant commis des crimes de guerre.
09 oct. 2016, 22:40
/ Màj. le 09 oct. 2016 à 22:53
L'ancien président colombien Alvaro Uribe veut un minimum de prison effectué par tous les Farc ayant commis des fautes graves.

L'ex-président colombien Alvaro Uribe, farouche opposant à l'accord de paix avec les Farc, a réclamé dimanche 5 à 8 années de prison ferme pour tous les guérilleros coupables de crimes graves. Le texte de l'accord de paix rejeté en référendum prévoyait jusqu'ici des peines alternatives pour ceux qui avoueraient.

L'actuel sénateur et patron du Centre démocratique est sorti grand vainqueur du référendum de dimanche dernier, au cours duquel les Colombiens ont dit "non" à la paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxiste). Il a publié un document sur Twitter où il détaille ses propositions concernant la rébellion.

Le camp du "non" avait été mené par l'ex-président Alvaro Uribe. Ses principaux arguments: les guérilleros devraient tous effectuer un minimum de prison et ne devraient pas exercer de postes publics. "L'impunité totale pour les principaux responsables de crimes atroces" est un "mauvais exemple" source de "nouvelles violences", écrit M. Uribe.

"Nous insistons sur la réclusion effective, à travers des peines de privation de liberté, d'entre 5 et 8 ans, qui pourraient toutefois être purgées dans des sites alternatifs, comme des fermes agricoles", précise le tenant du "non".

Accord à réviser

M. Uribe s'est réuni avec son adversaire, le président actuel Juan Manuel Santos. Il a aussi demandé que "les discussions (avec le gouvernement) soient publiques afin d'éviter les tergiversations".

Le Prix Nobel de la paix a été décerné vendredi à M. Santos pour son engagement à clore le conflit armé avec la guérilla des Farc. L'accord de paix doit toutefois être révisé après son rejet par référendum.

Maintenir le cessez-le-feu

Le président Santos et le chef des Farc, Timoleon Jiménez, alias Timochenko, ont signé le 26 septembre un accord pour clore une confrontation de 52 ans, qui a impliqué d'autres acteurs armés et a fait plus de 260'000 morts.

A la surprise générale, les électeurs colombiens ont rejeté dimanche dernier ce texte historique à une très courte majorité (50,2%). Le scrutin a été marqué par une abstention record de plus de 62%, mais il a obligé les deux parties à reprendre les pourparlers.

Vendredi, leurs négociateurs se sont engagés dans un communiqué commun à maintenir un cessez-le-feu "bilatéral et définitif". Ils vont aussi procéder à des "ajustements" pour rendre l'accord acceptable aux yeux du plus grand nombre.