Corée du Nord: nouvelle surenchère verbale entre Trump et Kim Jong-un

Le président américain a traité le dirigeant nord-coréen de fou après que Pyongyang ait envisagé l'essai d'une bombe à hydrogène d'une puissance sans précédent dans l'Océan Pacifique.
22 sept. 2017, 07:25
/ Màj. le 22 sept. 2017 à 16:16
Le président étasunien a qualifié vendredi le dirigeant nord-coréen de "fou".

L'escalade verbale entre Donald Trump et Kim Jong-Un a atteint un nouveau pic vendredi. Le président étasunien a qualifié le dirigeant nord-coréen de "fou" au moment où le régime évoquait un possible essai de bombe H dans le Pacifique. Une surenchère qui inquiète la Russie et la Chine. Pékin demande l'arrêt des provocations.

"Kim Jong-Un de Corée du Nord, clairement un fou qui ne craint pas d'affamer et de tuer son peuple, va être mis à l'épreuve comme jamais!", a lancé M. Trump dans un tweet particulièrement matinal. Ce dernier intervient au lendemain de l'annonce par Washington d'un renforcement des sanctions contre Pyongyang en réponse à la poursuite de son programme nucléaire.

 

 

Quelques heures plus tôt, c'est le dirigeant nord-coréen qui s'était livré à une attaque très personnelle contre le locataire de la Maison Blanche. M. Trump "m'a insulté, moi et mon pays, sous les yeux du monde entier, et a livré la plus féroce déclaration de guerre de l'histoire", a-t-il déclaré, selon une dépêche de l'agence officielle nord-coréenne KCNA.

"Je disciplinerai par le feu le gâteux américain mentalement dérangé", a-t-il ajouté, deux jours après les propos belliqueux du président américain. M. Trump avait menacé, à la tribune de l'ONU, la Corée du Nord de "destruction totale". La dépêche de KCNA était accompagnée d'une photo montrant Kim Jong-Un assis derrière un bureau et tenant une feuille de papier.

>> À lire aussi : Péninsule coréenne: les États-Unis menacent la Corée du Nord de nouvelles sanctions

 

Russie et Chine inquiètes

Le Kremlin a exprimé sa vive inquiétude face aux échanges de "menaces" entre les deux hommes et "l'escalade des tensions". "L'échange de stupidités lourdes de menaces" n'a fait qu'aggraver la situation, a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

Sur une tonalité similaire, la Chine a demandé vendredi l'arrêt des provocations entre Américains et Nord-Coréens. Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères, a appelé la Corée du Nord à ne pas persister dans une voie dangereuse tout en invitant les Etats-Unis à s'en tenir à leurs promesses de non-agression.

"A notre chef de décider"

En marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le chef de la diplomatie nord-coréenne Ri Yong-ho a déclaré aux journalistes que Pyongyang pourrait désormais envisager de faire exploser une bombe à hydrogène en dehors de son territoire.

Les déclarations du dirigeant nord-coréen sont intervenues peu après que Donald Trump eut annoncé qu'il avait signé un ordre exécutif visant à interdire aux entreprises d'opérer aux Etats-Unis si elles travaillaient dans le même temps avec la Corée du Nord. Il s'agit de la dernière mesure en date pour tenter d'obliger Pyongyang à renoncer à ses programmes nucléaire et balistique interdits, qui ont connu une spectaculaire accélération ces derniers mois.