Crash au Mali: découverte de la seconde boîte noire du vol AH5017 d'Air Algérie

La seconde boîte noire d'un avion d'Air Algérie qui s'est écrasé dans le nord du Mali a été retrouvée samedi par des experts de l'ONU sur le site du crash. Le travail des enquêteurs, arrivés sur place, s'annonce délicat.
07 août 2015, 14:00
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les premiers éléments recueillis semblent indiquer que l'avion s'est désintégré en heurtant le sol.

La boîte noire du vol AH5017 a été récupérée par les experts de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) déployés dans la zone de Gossi, à environ 100 km de Gao (nord-est du Mali), où l'avion s'était écrasé jeudi pour des raisons encore inconnues.

Vingt gendarmes et policiers français et une équipe du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français sont arrivés sur place samedi.

Selon la porte-parole de la Minusma, Radhia Achouri, la seconde boîte noire - comme la première récupérée vendredi par des militaires français - sera acheminée vers Gao, où est basé "le centre de gestion tactique des opérations", associant l'armée française présente depuis un an et demi dans le pays, les forces maliennes et la Minusma.

Hollande reçoit des familles des victimes

L'avion, un McDonnell Douglas MD-83 loué par Air Algérie auprès de la société espagnole SwiftAir, était parti de Ouagadougou pour Alger dans la nuit de mercredi à jeudi et s'est écrasé 50 minutes après avoir décollé.

Aucune des 118 personnes à bord - 112 passagers (54 Français, 23 Burkinabè, huit Libanais, six Algériens, une Suissesse et des ressortissants d'autres pays) et six membres d'équipage espagnols - n'a survécu.

Au Burkina Faso, "le procureur (...) de Ouagadougou a ouvert une enquête judiciaire" dans la soirée de jeudi "pour la recherche des causes du crash", a annoncé le chef de l'Etat burkinabè Blaise Compaoré.

A Paris, son homologue François Hollande a reçu des familles des victimes françaises. Il a promis "de faire en sorte que les équipes qui sont sur place puissent, le temps nécessaire, faire le travail de regroupement des corps et d'identification". A partir de lundi, les drapeaux seront mis en berne pour trois jours en France en signe de deuil.

"Difficile" de récupérer les corps

Vendredi, le chef d'état-major particulier à la présidence burkinabè, Gilbert Diendiéré, avait averti qu'"il est aujourd'hui difficile de pouvoir récupérer quoi que ce soit. Et même pour les corps des victimes, je pense qu'il est très difficile de pouvoir les récupérer parce que nous avons vu seulement des morceaux de chair humaine qui jonchaient le sol".

Samedi matin, des proches de victimes ou représentants de leurs pays d'origine ont pu se rendre sur le site du crash, voyage effectué en hélicoptère à partir de Ouagadougou à l'initiative du gouvernement burkinabè.

Sur place, Eugène Somda a constaté qu'il ne reste "pas grand-chose" de l'avion, que "des petits morceaux". Mais "maintenant, je sais où sont mes frères. C'est très important pour moi de savoir que cet endroit est leur tombe", a déclaré ce Burkinabé.

"J'avais deux de mes frères, ma belle-soeur et mes petits neveux dans l'avion", ainsi qu'"une amie qui les accompagnait", a-t-il précisé, sans pouvoir retenir ses larmes. Les causes du crash restent encore inconnues. Plusieurs spécialistes ont évoqué les mauvaises conditions météorologiques.

Zone dangereuse

"La zone où est survenue l'accident était le théâtre de formations orageuses potentiellement dangereuses pour un avion", selon l'Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna), basée à Dakar. Cette agence, qui regroupe 17 pays africains et la France, gère un espace aérien de 16,5 millions de km2.

Proches des victimes et experts espèrent trouver des réponses dans les boîtes noires, qui enregistrent les paramètres de vol et les conversations dans le cockpit.

La région de Gao reste une zone dangereuse où continuent de sévir des jihadistes armés, des bandits et des trafiquants profitant de l'immensité de cette zone en partie désertique, difficile à contrôler.

Les soldats français y sont implantés depuis le début de leur intervention, en janvier 2013, pour chasser du nord du Mali les groupes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Les jihadistes avaient occupé la région pendant près de 10 mois entre 2012 et début 2013.