Crash de San Francisco: le pilote n'avait pas d'expérience sur le Boeing 777

Le pilote du Boeing 777 de la compagnie Asiana Airlines qui s'est crashé à San Francisco samedi, effectuait son premier vol sur ce type d'appareil.
07 août 2015, 11:33
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
This image released by the National Transportation Safety Board, Sunday, July 7, 2013, shows the interior of the Boeing 777 Asiana Airlines Flight 214 aircraft. The Asiana flight crashed upon landing Saturday, July 6, at San Francisco International Airport, and two of the 307 passengers aboard were killed. (AP Photo/NTSB)

La compagnie sud-coréenne Asiana a révélé lundi que le pilote du Boeing 777 qui a raté son atterrissage samedi à San Francisco était en cours de formation sur ce genre d'appareil, accréditant l'hypothèse d'une erreur humaine. Le PDG d'Asiana Airlines a lui déclaré qu'imputer le crash à l'inexpérience du pilote était "intolérable".

Celui-ci a en outre d'emblée récusé l'hypothèse d'une avarie technique, affirmant qu'il n'y avait eu "aucun problème mécanique" au moment de l'accident. Le crash du Boeing 777-200 a coûté la vie à deux adolescentes chinoises et fait 182 blessés sur les 307 personnes à bord, dont six étaient encore dans un état "critique" lundi.

Selon les médias chinois, les victimes sont des lycéennes de la province orientale du Zhejiang âgées de 16 et 17 ans. L'une des deux jeunes filles pourraient avoir été écrasée par un camion des pompiers de l'aéroport peu après le crash, selon la responsable des pompiers de San Francisco, Joanne Hayes-White.

La jeune fille ne porte pas trace de brûlures graves. Son amie présente des blessures sans doute occasionnées au moment où la queue s'est détachée du reste du fuselage, projetant plusieurs passagers dans le vide, selon le légiste du comté de San Mateo chargé des autopsies. Dix-neuf personnes étaient encore hospitalisées dimancbe. Six sont dans un état critique, dont un enfant.

Problèmes au tout dernier moment

Les experts de l'agence américaine de sécurité des transports (NTSB) ont livré dimanche à San Francisco les premiers résultats de leur enquête. Les deux boîtes noires, retrouvées dans la nuit et immédiatement expédiées à Washington, ont été analysées et ont fourni de "bonnes données", a déclaré Deborah Hersman, présidente de la NTSB.

D'après les conversations du cockpit, le vol s'est déroulé normalement et les problèmes n'ont surgi que dans les dernières minutes, lorsque l'équipage a tenté de remettre les gaz juste avant l'atterrissage et demandé à la tour de contrôle l'autorisation de reprendre de l'altitude.

"La requête de l'un des membres d'équipage pour accélérer a été lancée environ sept secondes avant l'impact. Et l'appel (à la tour de contrôle) pour reprendre de l'altitude est arrivé une seconde et demie" avant que la queue de l'appareil ne heurte le sol, provoquant l'accident, selon Mme Hersman.

Selon plusieurs analystes cités par les médias américains, la demande des pilotes est intervenue beaucoup trop tard. Les données de la boîte noire enregistrant les paramètres techniques ont confirmé qu'à l'approche de la piste, "l'appareil avait ralenti et que la vitesse était inférieure à la vitesse optimale", a-t-elle expliqué.

Plus de 9000 heures de vol

Selon Asiana, le pilote du Boeing, 46 ans, affiche plus de 9000 heures de vol. Mais il n'a navigué que 43 heures sur ce modèle, un des plus gros porteurs au monde. "Il est exact qu'il était en formation sur Boeing 777", a déclaré une porte-parole de la compagnie en insistant sur le fait que le pilote était sous la supervision d'un formateur chevronné qui faisait office de copilote.

Une vidéo tournée par un témoin, diffusée dimanche sur CNN, confirme que la queue de l'avion a heurté une digue séparant la piste des plans d'eau voisins, sur la baie de San Francisco, avant que l'appareil n'atterrisse sur le ventre.

Pour Tom Ballantyne, journaliste à l'"Orient Aviation Magazine", le fait que le pilote d'Asiana ait été en formation est "tout à fait normal". Ensemble, les pilotes "cumulaient des milliers d'heures de vol". En revanche les circonstances de l'accident semblaient clairement dues à "une erreur de jugement de la personne aux commandes de l'appareil", selon lui.

La supervision d'un pilote chevronné est une procédure "habituelle", soulignent d'autres experts, qui pointent toutefois une dégradation générale du niveau des navigants.