Crise migratoire: la Méditerranée 3416 fois meurtrière en 2015

3416 migrants ont perdu la vie en Méditerranée l'an dernier. C'est presque autant qu'en 2011, année du printemps arabe, détaille un rapport publié mercredi.
06 avr. 2016, 07:31
/ Màj. le 06 avr. 2016 à 07:54
Malgré les risques de mort encourus, les migrants continuent de prendre la mer dans l'espoir d'une meilleure vie.

Au moins 3416 migrants ont trouvé la mort en traversant la mer Méditerranée en 2015. Ce bilan en fait la route migratoire la plus meurtrière au monde depuis le début du XXIe siècle, selon un rapport publié mercredi dans le bulletin mensuel de l'institut national d'études démographiques. L'année 2015 est la deuxième la plus létale de la période, derrière 2011, année du printemps arabe, durant laquelle 4073 personnes avaient trouvé la mort, selon des calculs menés à partir de données de l'Organisation des migrations internationales, des sources policières, ministérielles et des Nations unies.

Paradoxalement, le risque de décès encouru par les migrants qui ont tenté la traversée vers l'Europe est à son plus bas en 2015, à 2,7 pour mille, contre des taux de 83,4 pour mille en 2009, estime le démographe Philippe Fargues, directeur de l'institut universitaire Migration Policy Centre, à Florence. Son rapport publié par l'institut d'études démographiques explique cette baisse relative du risque par "l'intensification des opérations de recherche et de secours de la marine italienne" et le changement d'itinéraire des demandeurs d'asile.

 

 

Syriens avant tout

"La route de 250 à 500 km de la Libye à l'Italie a été délaissée au profit de celle de 10 à 20 km entre la Turquie et les îles grecques du Dodécanèse", poursuit le rapport. Dans les cinq dernières années, le nombre et la composition des flux migratoires en Méditerranée ont changé drastiquement. Cantonnées à quelques dizaines de milliers jusqu'en 2013, les entrées sans visa en Europe ont atteint plus de 200'000 en 2014 et enfin près d'un million en 2015.

En Grèce, où les Afghans constituaient en 2011 la première nationalité, les Syriens composent désormais la majorité des arrivées, avec 462'689 ressortissants en 2015.