Damas reste muet devant l'offre de dialogue du chef de l'opposition

Le pouvoir syrien n'a pas répondu à la proposition de dialogue de l'opposition. Le pouvoir syrien ne croit en la sincérité de l'invitation.
07 août 2015, 10:57
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le président syrien ne s'était plus exprimé publiquement depuis plusieurs mois.

Un quotidien proche du pouvoir syrien a mis en doute mardi l'offre de dialogue du chef de l'opposition Ahmed Moaz al-Khatib. Le régime de Bachar al-Assad n'a toujours pas réagi à cette proposition, alors que la population syrienne est épuisée par près de deux ans de tueries et de destructions.

Lundi, M. al-Khatib a proposé de dialoguer avec le vice-président syrien Farouk al-Chareh, évoqué tour à tour par la Ligue arabe, les Nations unies et la Turquie pour remplacer Bachar al-Assad en cas de transition. Farouk al-Chareh avait affiché en décembre ses divergences avec le président syrien en se prononçant pour une solution négociée au conflit.
 
La proposition de Ahmed Moaz al-Khatib a reçu l'aval de Washington et des deux principaux alliés russe et iranien de Damas. La diplomatie américaine a exclu toutefois l'immunité pour le président Bachar al-Assad. Le régime syrien n'a toujours pas réagi officiellement à cette ouverture.
 
Le quotidien proche du pouvoir "al-Watan" a estimé que, malgré son "importance politique", l'offre arrivait avec "deux ans de retard". Elle ne suffisait pas pour que M. al-Khatib soit considéré comme "un négociateur acceptable". Le journal a aussi appelé indirectement M. al-Khatib à désavouer la rébellion armée avant toute négociation.
 
Proposition "intelligente"
 
Les principaux pays soutenant la rébellion, l'Arabie saoudite et le Qatar, ont gardé le silence. Des médias proches de Ryad ont rapporté des voix dissonantes au sein de la Coalition présidée par M. al-Khatib. "Les propos de M. al-Khatib sont incohérents", a affirmé un membre de la Coalition sous couvert de l'anonymat.
 
Autre son de cloche chez ce militant près de Damas, pour qui "la proposition est intelligente car elle met le régime devant une position difficile à l'égard de ses partisans". Il a cependant souligné qu' "en politique, les bonnes intentions ne suffisent pas".
 
Plus pessimiste, la Turquie, autre pays soutenant la rébellion, a affirmé qu'un dialogue entre régime et opposition "ne permettrait pas de trouver une solution au conflit".
 
La crise syrienne a également été au menu des discussions entre le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et son homologue égyptien Mohamed Morsi au Caire. Cette visite est la première d'un président iranien en exercice en Egypte depuis 1979.
 
Al-Assad "massacre son peuple"
 
L'Iran et l'Egypte s'opposent sur plusieurs dossiers régionaux notamment sur la crise syrienne. Téhéran soutient le régime du président Bachar al-Assad tandis que le Caire appelle à son départ. Depuis l'arrivée des islamistes à la tête de l'Egypte, l'Iran souhaite normaliser ses relations avec Le Caire. Le nouveau pouvoir égyptien s'est montré jusqu'à présent prudent.
 
M. Ahmadinejad doit assister au 12e sommet de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) prévu mercredi et jeudi au Caire. Dans leur projet de déclaration finale, les dirigeants des pays membres de l'OCI appellent à des discussions entre l'opposition syrienne et des représentants du régime "non impliqués dans la répression".
 
Ils ne mentionnent pas Bachar al-Assad. Ils estiment que le gouvernement syrien porte la responsabilité principale de la poursuite des violences. De son côté, le président israélien Shimon Peres a appelé les Nations unies et la Ligue arabe à agir d'urgence pour mettre fin à la crise syrienne.
 
"L'Iran est un danger et la Syrie est une tragédie. Son président massacre son peuple. A mon avis, les Nations unies devraient charger la Ligue arabe de la formation immédiate d'un gouvernement de transition en Syrie pour la sauver de l'autodestruction", a-t-il déclaré lors de la séance inaugurale du nouveau Parlement israélien.