Début du G20 dans une ambiance délétère

Le sommet du G20 à Brisbane, en Australie, débute ce samedi. L'ambiance délétère entre le Russie et l'Occident risque de plomber les réflexions économiques.
07 août 2015, 14:27
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
U.S. President Barack Obama, center, and other world leaders applaud as they watch a cultural performance of indigenous dancers at the G20 Summit in Brisbane, Australia, Saturday, Nov. 15, 2014. Also seated are from left to right.,Russian President Vldamir Putin, South African President Jacob Zuma, Italian Prime Minister Matteo Renzi, Chinese President Xi Jinping, Canadian Prime Minister Stephen Harper, Austrian Prime Minister Tony Abbott,  Indonesian President Joko Widodo, and British Prime Minister David Cameron. (AP Photo/Pablo Martinez Monsivais)

Les leaders des pays les plus puissants du monde ont commencé leurs réunions samedi à Brisbane au sommet du G20. Les réflexions sur l'économie mondiale pourraient être en partie éclipsées par les rodomontades diplomatiques entre la Russie et l'Occident ainsi que les dossiers environnementaux.

Vendredi, en amont du sommet qui dure jusqu'à dimanche, la Grande-Bretagne et l'Australie ont préparé un accueil saignant à Vladimir Poutine. Le Premier ministre australien Tony Abbott l'a accusé de vouloir restaurer "la gloire perdue du tsarisme ou de l'Union soviétique", alors que David Cameron a stigmatisé une Russie qui agresse des pays plus petits qu'elle, en l'occurence l'Ukraine.

C'est dans cette ambiance délétère que les principaux protagonistes sont arrivés à Brisbane, ville de l'est de l'Australie dont le coeur au bord de la Brisbane River est transformé en camp retranché survolé d'hélicoptères: Vladimir Poutine vendredi soir, Barack Obama samedi au petit jour, François Hollande peu après lui.

Les chefs d'Etat et de gouvernement se sont réunis samedi dans la matinée, aux alentours de 0h30 GMT (1h30 suisses), pour une réunion privée. Ils déjeuneront ensuite autour d'un barbecue. La traditionnelle photo de famille aura lieu vers 7 heures GMT (8h suisses) et le dîner protocolaire se tiendra dans la Queensland Art Gallery.

Changement climatique

Parmi les sujets importants, Barack Obama va annoncer que son pays donnera trois milliards de dollars au fonds vert de l'ONU destiné à aider les pays à lutter contre les conséquences du changement climatique. Le président américain multiplie les annonces sur les dossiers environnementaux, quelques jours après un accord remarqué avec la Chine pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

L'inclusion des problèmes climatiques dans le communiqué final du G20 dimanche n'est pas poussée par le pays hôte, l'Australie. Tony Abbott a d'ailleurs déclaré à Brisbane samedi vouloir que cette réunion aborde avant toute chose l'emploi et la croissance.

"Il est clair que j'aimerais que les discussions se concentrent sur les politiques de réformes économiques", a-t-il dit au début du sommet. "Au final, cela reste votre sommet, il revient à chacun d'entre vous d'aborder le sujet que vous souhaitez", a-t-il toutefois ajouté pour ses invités.

Train de mesures

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a pour sa part été soumis à un feu nourri de questions sur sa légitimité après les récentes révélations du "Luxleaks" sur les pratiques fiscales du Luxembourg - dont M. Juncker a été Premier ministre. Celles-ci permettaient à plusieurs grandes entreprises de bénéficier de traitements fiscaux avantageux au détriment d'autres pays.

"Je pense véritablement que nous devons tous lutter contre l'évasion fiscale au niveau international", a répondu M. Juncker alors que l'Australie a promis des mesures très fortes sur ce dossier. Le réseau d'ONG Financial Transparency Coalition (FTC) a également appelé samedi les pays du G20 à prendre des mesures de bon sens pour "endiguer l'argent sale" et assainir les flux financiers.

Le G20 devrait mentionner l'échange automatique de données bancaires entre pays, qui est en train de se mettre rapidement en place sous l'impulsion de l'OCDE, et endosser un premier train de mesures, également proposées par l'OCDE, pour lutter contre les pratiques d'optimisation fiscales des entreprises.