Décès de Pierre Rabhi, écrivain et figure de l’agroécologie

Militant de la cause écologiste et pionnier du néoruralisme, Pierre Rabhi est décédé samedi des suites d’une hémorragie cérébrale. Il avait 83 ans.
05 déc. 2021, 12:55
/ Màj. le 05 déc. 2021 à 12:56
Pierre Rabhi était une référence dans le milieu écologiste et altermondialiste.

L’écrivain et philosophe Pierre Rabhi, figure de l’agroécologie en France, cofondateur du mouvement Colibris, est décédé à l’âge de 83 ans, a appris l’AFP samedi auprès de sa famille.

Auteur notamment de «Vers la sobriété heureuse», vendu à plus de 460’000 exemplaires, ce militant de la cause écologiste, adulé par des personnalités comme Cyril Dion et Marion Cotillard, est mort samedi des suites d’une hémorragie cérébrale, a indiqué son fils, Vianney.

Ce pionnier du néoruralisme s’était installé en 1961 dans une ferme du sud de la France.

Régénérer le milieu naturel

Né en 1938 aux portes du Sahara algérien, Pierre Rabhi restera comme l’un des pionniers de l’agroécologie – une pratique agricole visant à régénérer le milieu naturel en excluant pesticides et engrais chimiques.



Une méthode appliquée dès les années 1980 en Afrique subsaharienne, où il effectuera de nombreux séjours.

Pour des actions locales

Ses ouvrages, innombrables, ont à chaque fois rencontré un succès indéniable. Avec Cyril Dion  - l’auteur du documentaire militant à succès «Demain» – il a cofondé le mouvement citoyen des Colibris, qui appelle aux actions locales, comme les jardins partagés, les fermes pédagogiques et les circuits d’approvisionnements courts.

«Parfois présenté comme un technicien, il s’intéressait à l’intériorité des gens», a souligné son fils Vianney auprès de l’AFP. «Il a touché de nombreuses personnes».

Référence dans le sérail écologiste

Référence dans le sérail écologiste et altermondialiste, celui qui fut l’ami de Thomas Sankara, le «père de la révolution burkinabè», ou du légendaire violoniste Yehudi Menuhin, a connu une certaine exposition médiatique en 2002, à l’occasion d’une éphémère candidature à la présidentielle, pour déjà «introduire dans le débat l’urgence écologique et humaine».

Père de cinq enfants, il a ensuite partagé son temps entre interviews, animation de ses fondations, conférences et rédaction d’ouvrages.

Grand admirateur de Socrate, il disait que «chaque être humain doit tenter de se connaître de façon à se changer positivement».