Dernier face à face d'Obama et de Romney sur la politique étrangère

Le dernier débat entre les deux candidats à la présidence des Etats-Unis se tiendra ce soir en Floride. Barack Obama et Mitt Romney sont toujours au coude à coudes dans les intentions de vote.
06 août 2015, 14:54
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Dès le début du débat, Barack Obama, qui avait été largement dominé par son adversaire lors du premier débat, a tenté de reprendre la main.

Les deux candidats à la Maison Blanche participent lundi soir en Floride à leur dernier débat consacré à la politique étrangère, considérée comme un point faible du candidat républicain. Ils gardent cependant tous deux l'espoir de faire bouger les sondages.

Alors que les deux hommes sont au coude à coude dans les intentions de vote à deux semaines de l'élection présidentielle du 6 novembre aux Etats-Unis, Barack Obama aura pour lui l'avantage que procure son statut de président sortant.
 
Les deux hommes se retrouvent lundi soir dans une université de Boca Raton (Floride) pour leur troisième affrontement du mois. Le président avait raté sa première prestation le 3 octobre avant de se rattraper mardi dernier lors de la deuxième rencontre. Le débat sera animé par Bob Schieffer, réputé pour sa pugnacité vis-à-vis de ses invités dans l'émission "Face the Nation" sur CBS.
 
Six thèmes
 
L'heure et demie de discussions sera articulée autour de six thèmes: l'Amérique dans le monde; la guerre en Afghanistan; Israël et l'Iran; les changements au Moyen-Orient; le terrorisme; l'émergence de la Chine.
 
La politique étrangère, contrairement à l'économie, n'est pas considérée comme un facteur décisif dans le choix des électeurs américains, sauf en cas de situation grave. Jimmy Carter l'avait appris à ses dépens en 1980, lors de la longue crise des otages en Iran. George W. Bush, en 2004, avait au contraire profité de l'effet de rassemblement en période de guerre en Irak.
 
Promesses tenues
 
M. Obama devrait faire valoir qu'il a tenu des promesses emblématiques comme le retrait d'Irak et la transition en Afghanistan. Il a également engrangé des succès contre Al-Qaïda.
 
La mort d'Oussama ben Laden en mai 2011 a en grande partie tué dans l'oeuf les reproches traditionnels que les républicains font aux démocrates: leur prétendue passivité en matière de sécurité.
 
Lors d'un récent meeting de campagne dans le New Hampshire, le président démocrate a laissé entendre que son adversaire républicain défendait une politique étrangère "qui nous entraîne dans des guerres sans plan pour en sortir".
 
Nouveau développement
 
Depuis le début de la campagne, M. Romney cherche à mettre en cause la stratégie de l'administration démocrate notamment dans le dossier iranien. Un développement de dernière minute pourrait s'inviter dans ce débat avec un accord de principe, selon le New York Times, de l'Iran pour des négociations directes avec les Etats-Unis sur son programme nucléaire. Des informations démenties par Washington et Téhéran.
 
M. Romney, qui accuse M. Obama d'avoir "laissé tomber" Israël, lui reproche également son inaction en Syrie, entre autres développements violents du "printemps arabe". La stratégie de Barack Obama au Moyen-Orient "est en train de s'effondrer sous nos yeux", a-t-il lancé le 16 octobre.
 
Mitt Romney tente surtout de mettre en difficulté le président sortant sur la gestion de l'attaque du 11 septembre à Benghazi (Libye) qui a coûté la vie à quatre Américains, dont l'ambassadeur américain.
 
Stratégie républicaine
 
Le candidat républicain devrait revenir à la charge, après avoir déjà accusé le président sortant d'avoir tardé à qualifier cet attentat de "terroriste". L'hôte de la Maison blanche lui avait répondu en lui rappelant qu'il avait utilisé cette expression dès le lendemain.
 
Lundi, Mitt Romney compte faire ce qu'il n'a pas réussi lors du dernier débat: marteler que les récentes violences anti-américaines en Libye et ailleurs au Moyen-Orient prouvent que la politique étrangère de son adversaire "est en train de s'effilocher sous nos yeux".