Des combattants kurdes irakiens arrivés en renfort à Kobané pour chasser l'Etat islamique

Les combattants kurdes irakiens se préparaient à se joindre à la bataille de Kobané pour aider à vaincre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).
07 août 2015, 14:24
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
150 peshmergas irakiens sont arrivés à Kobané pour défendre la ville syrienne prise d'assaut par l'Etat islamique.

Attendus depuis plusieurs jours, 150 peshmergas venus du Kurdistan irakien sont arrivés vendredi soir à Kobané, après avoir quitté la ville turque de Suruç et traversé la frontière, à environ un kilomètre.

Équipés de lance-roquettes, de fusils automatiques et de mortiers, ces renforts n'ont toujours pas participé aux combats et se concentrent pour l'instant sur un soutien logistique, selon Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

De 3000 à 4000 jihadistes se battent contre 1500 à 2000 membres de la principale milice kurde syrienne des YPG (Unités de protection du peuple) qui défendent Kobané, a-t-il précisé.

Jihadistes mieux équipés
L'arrivée des renforts pourrait donner un coup de pouce aux YPG, mais leurs armes ne suffiraient pas pour faire face à des jihadistes bien mieux équipés, notamment avec des chars, a estimé le chef de l'ONG.

M. Rahmane a estimé que la résistance acharnée des YPG, qui ont l'avantage du terrain, et le soutien aérien crucial quotidien de la coalition dirigée par les Etats-Unis, avaient empêché la chute de la ville aux mains des jihadistes.

Mustafa Ebdi, militant kurde originaire de Kobané, s'exprimant depuis la zone frontalière en Turquie, a jugé nécessaire davantage de renforts et d'armes, tout en faisant part de "l'optimisme ambiant après l'arrivée des peshmergas".

Renforts aussi pour l'EI
"Certains kurdes m'ont appelé pour me demander quand nous pourrons rentrer chez nous (à Kobané). Certains croient que la bataille sera bientôt terminée, mais je pense qu'elle sera encore longue", a-t-il ajouté en soulignant que l'EI recevait aussi des renforts.

"Nous sommes satisfaits de l'arrivée des peshmergas irakiens mais nous avons besoin de plus de combattants, de plus d'armes et la frontière (avec la Turquie) doit être complètement ouverte" pour permettre aux Kurdes qui le veulent d'aller aider à libérer leur ville, a-t-il poursuivi. "Moi-même je veux aller à Kobané prendre les armes. Je veux libérer ma maison".

Polat Can, un porte-parole des YPG, se veut plus rassurant. "Nous n'avons jamais cessé d'être optimistes, même lorsque nous n'avions pas l'aide de la coalition, ou des peshmergas. Nous n'aurions pas pu résister durant 46 jours si nous n'étions pas confiants dans notre victoire".

Tentative d'encerclement
Il a confirmé que les peshmergas n'avaient pas commencé à se battre, "mais cela ne saurait tarder. Pour l'heure, ils déploient leurs armes, repèrent le terrain et se répartissent les tâches. L'artillerie et les armes lourdes qu'ils ont apportées joueront un rôle important".

Les forces des YPG ont repoussé dans le Nord un nouvel assaut des jihadistes qui cherchent à couper l'accès à la ville depuis la Turquie et à l'encercler, selon l'OSDH.

300'000 habitants ont fui
Depuis le début de l'offensive de l'EI pour conquérir Kobané, le 16 septembre, environ mille personnes ont trouvé la mort, en grande majorité des combattants des deux camps selon l'OSDH.

Plus de 300'000 habitants de la région ont pris la fuite, la plupart vers la Turquie. Les jihadistes ont réussi à s'emparer de quelque 70 villages sur le chemin de Kobané, où ils sont entrés le 6 octobre. La conquête de cette ville permettrait à l'EI de contrôler une longue bande de territoire à la frontière.

En Irak, de nouvelles frappes de la coalition ont été lancées contre l'EI dans le nord et l'ouest du pays. L'armée irakienne tente, non sans grande peine, de regagner du terrain sur les jihadistes, et cherche à reprendre la ville de Baïji (nord), pour sécuriser la principale raffinerie du pays.