Des observateurs militaires de l'OSCE pour clarifier la situation ukrainienne

A la demande de l'Ukraine, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) va envoyer 35 observateurs militaires dans le pays. Leur but est de rendre compte fidèlement de la situation. Ils ne sont pas armés.

07 août 2015, 13:27
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le but de la mission de l'OSCE est d'éliminer la méfiance qui règne entre les deux camps.

Trente-cinq observateurs militaires de l'OSCE, issus de 18 pays, sont partis mercredi vers l'Ukraine. Ils commenceront leur mission dans la ville d'Odessa, au sud, et doivent rester une semaine dans le pays. Il n'est pas encore sûr qu'ils puissent se rendre en Crimée. Les experts ne sont pas armés. Aucun Suisse n'en fait partie.

Les observateurs devront clarifier "les doutes portant sur les activités militaires de la Russie sur le territoire ukrainien". Leur démarche s'inscrit dans les "mesures pour la sécurité et devant renforcer la confiance" de l'OSCE, souligne l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Concrètement, cela signifie quils étudieront les accusations portées par les parties au conflit, les informations rapportées par les médias ou les déclarations de témoins. Ils comptent ainsi "éliminer la méfiance".

"J'espère que cette mission va aider à une désescalade des tensions en Ukraine", a indiqué le secrétaire général de l'OSCE, Lamberto Zannier, dans un communiqué. Une évaluation objective de la situation sur place doit permettre à l'organisation d'élaborer par le dialogue une solution politique à la crise.

Demande de l'Ukraine

L'envoi d'observateurs se fonde sur le Document de Vienne, adopté en 1990. L'Ukraine avait demandé l'envoi d'une telle mission du 5 au 12 mars, a précisé l'OSCE. L'organisation a l'habitude d'agir de la sorte dans les situations de crise. Elle a mené environ 90 missions au cours des quinze dernières années.

Mais la crise ukrainienne a entraîné la toute première activation du chapitre III. Ce dernier donne la possibilité aux Etats membres d'inviter une mission internationale, afin d'éliminer les "inquiétudes liées à des activités militaires inhabituelles".

Quatre missions au total

L'envoyé spécial suisse de l'OSCE en Ukraine, Tim Guldimann, se trouve actuellement en Crimée. Il doit y mener des discussions pendant environ une semaine, indique mercredi à l'ats le porte-parole de la présidence suisse de l'organisation Roland Bless.

Quatre missions de l'OSCE seront au total présentes en Ukraine dès mercredi, en tenant compte de celle de Tim Guldimann. Deux d'entre elles, indépendantes, enquêtent sur les aspects liés aux droits humains depuis le début de la semaine. Elles sont dirigées par la responsable pour les minorités Astrid Thors et par celle pour les questions liées aux médias Dunja Mijatovic.

L'OSCE comprend 57 pays: les Etats européens, ceux de l'ex-URSS, les Etats-Unis et le Canada. L'organisation se concentre principalement sur la prévention des conflits et la résolution des crises, le renforcement de la démocratie et des droits humains ainsi que l'observation des élections. La Suisse en assure la présidence en 2014.