Deuxième nuit d'angoisse en Italie, Mario Monti hué et sifflé

Suite aux séismes de dimanche dans le nord de l'Italie, les quelque 5000 personnes hébergées passent une nuit d'angoisse.
06 août 2015, 09:36
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les quelque 5000 personnes hébergées dans des gymnases ou des campements de fortune depuis le séisme de dimanche dans le nord-est de l'Italie ont passé une deuxième nuit d'angoisse près de Ferrare et Modène. Le chef du gouvernement Mario Monti devait se rendre sur place mardi matin.

Le chef du gouvernement italien Mario Monti a été pris à partie mardi matin par une dizaine de personnes dans la bourgade de Sant'Agostino, la plus touchée par le séisme de dimanche, selon les médias italiens. Il venait exprimer la solidarité du gouvernement.

Ces personnes l'ont hué et sifflé pour, ont expliqué les médias, contester le niveau élevé des taxes et impôts dans le pays. L'Italie est entrée en récession depuis la fin 2011 et le pays est confronté actuellement à une sévère cure d'austérité.

Etat de catastrophe

"Voleurs, honte à vous, restez chez vous", a crié une habitante de cette localité d'environ 6000 habitants au coeur de la riche région industrielle et agricole du nord-est touchée par le séisme.

M. Monti, imperturbable, a souligné vouloir, avec sa visite, "offrir la solidarité du gouvernement et de ses structures à ces familles, à toute la population qui a été durement touchée aussi bien d'un point de vue émotif que dans ses activités quotidiennes".

Le chef du gouvernement a confirmé que le Conseil des ministres, prévu plus tard dans la matinée de mardi à Rome, proclamerait l'état de catastrophe naturelle dans cette zone. Cette décision doit permettre d'accélérer les procédures administratives pour la reconstruction et l'assistance aux sinistrés.

Deuxième nuit d'angoisses

Les quelque 5000 personnes hébergées dans des gymnases ou des campements de fortune depuis dimanche ont passé une deuxième nuit d'angoisse près de Ferrare et Modène, la zone ayant enregistré 34 nouvelles secousses durant la nuit.

Les quelque 5000 personnes hébergées dans des gymnases ou des campements de fortune depuis le séisme de dimanche dans le nord-est de l'Italie ont passé une deuxième nuit d'angoisse près de Ferrare et Modène. Le chef du gouvernement Mario Monti devait se rendre sur place mardi matin.

Un total de 34 secousses de magnitude supérieure à 2 ont été enregistrées entre 22h00 et 07h00 mardi mais une seule a dépassé la magnitude 3 s'établissant à 3,2 à 03h55, selon la salle sismique de l'Institut de géophysique italien (Ingv).

Selon les secours, aucun effondrement majeur n'a été enregistré toutefois pendant la nuit, pas même dans la "zone rouge" de Finale Emilia, le village qui a été l'épicentre du fort séisme qui s'est produit vers 04h00 du matin, dimanche (magnitude 6) suivi dans l'après-midi d'une importante réplique (5,1).

Nombreux sont les évacués qui ont passé la nuit dans leurs voitures, garées sur des parkings de supermarchés ou des places publiques, le plus loin possible de tout immeuble, de crainte que des murs ne s'écroulent.

D'autres ont été hébergés dans des centres d'accueil improvisés dans des salles des fêtes, des gymnases ou sur des terrains de sport. Heureusement dans la nuit la pluie a presque cessé sur les zones touchées par le tremblement de terre.

Mario Monti sur place

Le chef du gouvernement Mario Monti, revenu de façon anticipée lundi d'un sommet de l'Otan à Washington pour assister à Brindisi aux obsèques d'une lycéenne de 16 ans tuée dans un attentat encore inexpliqué devant son école, a passé la nuit à Ferrare.

Il s'est  rendu à Sant'Agostino, localité située près de cette grande ville réputée pour ses joyaux architecturaux, où la mairie dont la façade est percée de trous béants menace de s'effondrer, puis à Finale Emilia, qui a perdu dans le tremblement de terre, pratiquement tous ses monuments historiques: la Tour de l'horloge et de nombreuses églises.

Patrimoine détruit, moral en berne

"Mille ans d'histoire qui disparaissent", s'est désespéré le maire de la ville, Fernando Ferioli. Selon l'un des ingénieurs de l'équipe contrôlant les bâtiments, le moral des habitants est affecté par la perte de leur héritage cuturel: "Ils s'identifient aux édifices qui font partie de leur vie".

Dans le séisme de dimanche, quatre des six victimes étaient des ouvriers qui travaillaient la nuit dans des PME de la région et qui sont restés emprisonnés sous les hangars de leurs entreprises: une firme de carrelage et une fonderie.

Selon le journal "Sole 24 Ore", dans cette région industrielle et prospère, un hangar d'usine sur quatre est endommagé et inaccessible et les dégâts se montent à au moins 500 millions d'euros (600 millions de francs).