Double veto russo-chinois à une résolution occidentale

La Russie et la Chine ont opposé leur veto jeudi au Conseil de sécurité de l'ONU à une résolution occidentale.
06 août 2015, 10:26
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Sur les 15 pays membres, 11 ont voté pour, 2 contre et 2 se sont abstenus.

Les alliés de Bachar al Assad n'ont pas cédé et ont opposé leur veto jeudi au Conseil de sécurité de l'ONU à une résolution occidentale menaçant le régime syrien de sanctions. Sur 15 pays membres, la résolution a recueilli 11 voix pour, 2 contre et 2 abstentions.

Ce double veto russo-chinois est le troisième aux tentatives de l'ONU pour faire pression sur Damas depuis le début du conflit en Syrie il y a 16 mois. Les deux premiers datent d'octobre 2011 et de février 2012.
 
Sur 15 pays membres, la résolution a recueilli 11 voix pour, 2 contre et 2 abstentions (Pakistan et Afrique du Sud). Les Etats-Unis et la France ont estimé que ce veto mettait en péril la médiation internationale de Kofi Annan qui s'est dit "déçu" après ce vote.
 
Washington veut travailler en dehors du Conseil "pour faire pression sur le régime Assad et fournir une aide à ceux qui en ont besoin", a dit l'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice.
 
"Il est clair que la Russie ne vise qu'à laisser plus de temps au régime syrien pour écraser l'opposition", a martelé son homologue français, Gérard Araud. Pour Moscou et Pékin, a-t-il ajouté, "on est semble-t-il toujours trop dur avec les dictateurs sanguinaires".
 
Violences à la hausse
 
A Damas, la vie tournait jeudi au ralenti. La majorité des échoppes des rues commerçantes de Salhié et de Chaalane, dans le centre, étaient fermées. Et dans celles restées ouvertes, de rares clients s'approvisionnaient à la hâte.
 
Un attentat contre le bâtiment de la Sécurité nationale en plein centre de Damas où avait lieu une réunion de hauts responsables de la sécurité avait fait mercredi trois tués.
 
Sur le terrain, les combats à Damas, qui avaient débuté dimanche, ont redoublé d'intensité.
 
"Ces combats d'une extrême violence devraient se poursuivrent pendant les prochaines 48 heures pour nettoyer Damas des terroristes avant le début du ramadan", mois de jeûne musulman qui est sur le point de commencer, a indiqué jeudi une source de sécurité dans la capitale.
 
Des centaines d'habitants fuient
 
Selon une source de sécurité, "l'armée a demandé à la population de s'éloigner des zones de combats alors que les terroristes cherchent à utiliser les habitants comme boucliers humains". Le quartier de Qaboun a été pris d'assaut pour la première fois par plus de 15 chars de l'armée, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
 
Au moins 214 personnes au total ont péri mercredi, dont 38 à Damas, selon l'OSDH.
 
Jeudi, des centaines d'habitants fuyaient un secteur à la périphérie de Mazzé (ouest) en direction de l'intérieur de ce quartier huppé. Les mêmes mouvements étaient notés dans le quartier de Tadamoun (sud) et dans le camp palestinien de Yarmouk (sud).
 
"Un régime à l'agonie"
 
Et 20'000 Syriens sont arrivés au Liban durant les dernières 24 heures, selon une source proche des services de sécurité libanais. Les rebelles contrôlaient eux un poste-frontière avec la Turquie.
 
Le régime syrien "vit ses derniers jours", a affirmé jeudi le nouveau chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition syrienne à l'étranger, Abdel Basset Sayda, au lendemain de l'attentat contre l'appareil sécuritaire syrien.
 
Il a également mis en garde contre les "graves conséquences" que pourrait avoir le veto à l'ONU, après une rencontre à Rome avec le chef de la diplomatie italienne Giulio Terzi.
 
Le ministre de la Défense, le général Daoud Rajha, son vice-ministre, le général Assef Chawkat, beau-frère du président, et le général Hassan Turkmani, chef de la cellule de crise mise en place pour mater la révolte, ont péri dans l'attentat de mercredi.
 
"La Syrie ne courbera pas la tête"
 
Le ministre de l'Intérieur, Mohammad Ibrahim al-Chaar, et le chef de la Sécurité nationale, Hicham Ikhtiar, ont été blessés.
 
"Les traîtres, les agents et les mercenaires se font des illusions s'ils pensent que la Syrie va courber la tête face à ce coup, même s'il fait mal", a écrit le journal du parti au pouvoir, "al-Baas".
 
Le nouveau ministre de la Défense, le général Fahad Jassim al-Freij, ancien chef d'état-major des forces armées, a prêté serment jeudi en présence de Bachar al-Assad, une cérémonie dont les images ont été rapportées par la télévision d'Etat syrienne.