Drame de Sierre: malaise après la publication des photos des victimes

La publication des photos des jeunes victimes de l'accident de car survenu près de Sierre (VS) dans plusieurs journaux belges néerlandophones vendredi provoque le malaise en Belgique.
16 mars 2012, 12:38
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
sierre-ambulances

La ministre chargée de la communication au sein du gouvernement régional flamand a dit son indignation.

"Ce n'est pas parce que ces photos sont disponibles quelque part sur un réseau social que l'on peut les utiliser et les publier", a affirmé Ingrid Lieten. "Et d'autant moins si l'on n'a pas pu obtenir l'autorisation" des proches pour les publier, a-t-elle insisté sur la radio publique flamande VRT.

Plusieurs journaux flamands, mais pas les quotidiens francophones, publiaient les photos d'identité des 22 enfants et des six adultes ayant perdu la vie mardi soir en Valais dans l'accident. Ces mêmes journaux ont également diffusé des photos des enfants pendant leur séjour à la montagne avant l'accident.

Conseil de déontologie

Le conseil de déontologie journalistique (CDJ) belge a rappelé quant à lui que s'il ne s'opposait pas catégoriquement à la publication de photos de mineurs, insistant sur le fait que les clichés doivent avoir une valeur informative. "Si les journalistes disposent du droit à informer, ce dernier n'est pas illimité", a rappelé le CDJ dans un communiqué.

"Une photographie de presse doit être informative et pas seulement illustrative comme c'est souvent le cas", a estimé André Linard, secrétaire général du CDJ. Il a dénoncé la pratique visant à puiser des photographies sur les réseaux sociaux comme Facebook ou des blogs comme cela a été le cas pour les photos des enfants prises durant leurs classes de neige.

Le Conseil de la presse suisse s'interroge sur les publications du "Blick"

Le journal alémanique a publié des photographies d'enfants qui sont morts dans l'accident de car à Sierre. L'absence de valeur informative digne d'intérêt public paraît évidente, souligne Dominique von Burg.

Interrogé vendredi par l'ats, Dominique von Burg juge que la valeur informative de ces images "est proche de zéro". Le président du Conseil de la presse se demande en outre si le journal zurichois avait l'accord des parents pour publier ces images dans ses pages.

La démarche lui paraît "pour le moins discutable". Questionné sur une action du Conseil de la presse, Dominique von Burg rappelle que l'instance agit en principe sur plainte, mais qu'elle peut s'autosaisir d'une affaire. Pour l'heure, il ne sait pas ce qui va se passer. Une intervention du Conseil de la presse doit être décidée à la majorité, précise-t-il.