Ebola: premiers contrôles à l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle

Des passagers en provenance d'un pays touché par le virus Ebola ont subi samedi les premiers contrôles menés par la France à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle.
07 août 2015, 14:20
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
A passenger crosses a stop line as he arrives at Roissy Charles de Gaulle airport, in Roissy, north of Paris, Saturday, Oct. 18, 2014. France will begin screening airline passengers for Ebola in coming days at Paris' Charles de Gaulle airport. The Paris airport authority says that medical teams will take passengers' temperatures before they leave the air bridge to enter the terminal. (AP Photo/Thibault Camus)

La France a procédé samedi aux premiers contrôles de passagers en provenance d'un pays ouest-africain touché par Ebola dans un contexte d'inquiétude en Occident. L'ONU et la Banque mondiale se sont eux alarmés du manque de solidarité internationale envers les pays africains touchés.

Les passagers du vol quotidien Air France reliant la capitale guinéenne Conakry à Paris ont été dépistés avec un thermomètre laser pour détecter d'éventuels cas de fièvre, à leur arrivée à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle.

Une passagère d'une quarantaine d'années, présentant de la fièvre, a été prise en charge par les équipes de l'hôpital parisien Bichat, a-t-on appris de source proche du dossier. "Elle était au-delà de 38°C, mais après sa température est descendue", a toutefois assuré cette source. "Une heure après sa sortie de l'avion, elle n'avait plus que 37,5°C. Elle n'avait ni vomissements, ni diarrhée."

Interrogé par l'AFP, le ministère de la Santé n'a souhaité faire "aucun commentaire", se bornant à réitérer qu'il "informerait immédiatement la population" si un cas devait être confirmé en France. Aucun cas confirmé d'Ebola n'a pour l'heure été détecté dans l'Hexagone.

Un seul vol concerné

Ce contrôle, déjà en vigueur en Grande-Bretagne et dans plusieurs aéroports américains, a uniquement été mis en place sur le vol venant de Conakry, seule liaison directe entre la France et l'un des trois pays d'Afrique de l'Ouest les plus touchés.

Le bilan de l'épidémie de fièvre hémorragique continue de s'alourdir à 4555 morts et 9216 cas enregistrés, essentiellement au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, selon les derniers chiffres publiés vendredi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Sénégal et Nigeria plus touchés

Seule information positive: l'OMS a annoncé que le Sénégal, qui avait déclaré un cas, désormais guéri, ne pouvait plus être considéré comme un pays touché par Ebola. La même annonce devrait suivre lundi pour le Nigeria, qui a enregistré 20 cas, dont 8 décès.

Mais l'aide se fait attendre. L'ONU et la Banque mondiale s'alarment du manque de solidarité internationale envers les pays africains touchés par Ebola et appellent à convertir en actes les promesses internationales d'aide financière et humaine. En dépit de ses maigres moyens, Cuba s'est projeté à l'avant-garde de la lutte contre Ebola en dépêchant un important contingent en Afrique de l'Ouest.

Obama: "ne pas céder à l'hystérie"

Samedi, le président américain Barack Obama a demandé aux Américains de ne pas "céder à l'hystérie ou à la peur" face à l'épidémie, les appelant à se baser sur les faits. Au cours de son allocution hebdomadaire, il a aussi contesté les restrictions des voyages en provenance d'Afrique de l'Ouest, assurant que de telles mesures ne feraient qu'aggraver la situation.

Les Etats-Unis ne font pas face à une "épidémie", a assuré le président des Etats-unis, où deux membres du personnel soignant ont été infectés et où un patient libérien, de retour de son pays, est mort du virus.