Elections en Géorgie: Saakachvili admet sa défaite, Ivanichvili veut adhérer à l'OTAN

Le président géorgien, Mikheïl Saakachvili, a reconnu mardi la défaite de son parti aux législatives, remportées la veille par le Rêve géorgien, la coalition d'opposition de Bidzina Ivanichvili.
06 août 2015, 14:44
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
La Géorgie élit ses députés dès ce lundi. Le président Mikheïl Saakachvili est confronté à un scandale de torture dans les prisons, qui a circulé sur une vidéo.

Le président géorgien, Mikheïl Saakachvili, a reconnu mardi la défaite de son parti aux législatives.

Le nouveau président Bidzina Ivanichvili a prôné une adhésion du pays à l'OTAN et de meilleurs liens avec Moscou, avant d'appeler le président sortant à démissionner.
 
"Il est clair que le Rêve géorgien a remporté la majorité" aux législatives lundi, a déclaré M. Saakachvili dans un discours retransmis à la télévision, alors que des résultats partiels publiés au compte-goutte donnent une avance au Rêve géorgien face au Mouvement national unifié.
 
"Cela veut dire que la majorité parlementaire doit former un nouveau gouvernement, et moi, en tant que président, conformément à la Constitution, je vais faciliter le processus de manière à ce que le nouveau gouvernement commence à travailler", a-t-il ajouté.
 
Moscou salue la victoire
 
De son côté, le milliardaire, dont le parti est ressorti vainqueur du scrutin et probable futur Premier ministre a répété son intention de faire adhérer le pays à l'OTAN.
 
Il a en outre prôné une amélioration des liens avec la Russie. A noter que Moscou a salué la victoire de l'opposition mardi.
 
Moscou et Tbilissi n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis le conflit de 2008 à l'issue duquel la Russie a reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud et aussi celle de l'Abkhazie, autre région géorgienne sécessionniste pro-russe.
 
Le leader de l'opposition a ensuite appelé le président à quitter ses fonctions. "La seule bonne décision pour Saakachvili serait maintenant de démissionner", a déclaré M. Ivanichvili lors d'une conférence de presse à Tbilissi.
 
Elections validées
 
Les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont indiqué que ces élections avaient constitué un "pas important" pour la démocratie, en dépit d'une campagne électorale tendue et du harcèlement d'opposants.
 
L'Union européenne (UE) a de son côté indiqué vouloir garder une coopération étroite avec Tbilissi, "tant sur le plan de l'association politique que sur celui de l'intégration économique", a déclaré Maja Kocijancic, porte-parole de la cheffe de la diplomatie européenne Catherine Ashton.
 
L'UE félicite en outre l'opposition et le parti du président géorgien "pour la nature constructive et l'ouverture de leurs premières réactions", après une campagne électorale qui a été "très combative et intense", a précisé la porte-parole.
 
Pouvoirs accrus du Premier ministre
 
Après le dépouillement des bulletins dans 35,16% des bureaux de vote pour les 77 sièges sur 150 répartis à la proportionnelle, le Rêve géorgien recueille 53,15% des voix contre 41,6% pour le parti de M. Saakachvili, a indiqué la Commission électorale de ce pays du Caucase.
 
La répartition des sièges dépend cependant d'un système électoral mixte qui accorde aussi 73 sièges au scrutin majoritaire, pour lesquels, selon de premiers résultats partiels, le Rêve Géorgien est en tête dans sept des 10 circonscriptions dans la capitale Tbilissi, un bastion traditionnel de l'opposition.
 
La participation a été de 61%, selon les chiffres officiels. Dans l'assemblée sortante élue en 2008, le Mouvement national unifié, le parti du président, détenait 119 sièges au total sur 150. 
 
La défaite de lundi met fin à la domination du parti depuis l'arrivée au pouvoir de M. Saakachvili en 2003 après la "Révolution de la rose".
 
Ces élections étaient cruciales pour le chef de l'Etat dans la mesure où des changements dans la Constitution vont accroître les pouvoirs du Parlement et du Premier ministre en 2013, année qui marquera en outre la fin du second et dernier mandat possible de M. Saakachvili.