Espagne: le parlement catalan vote pour la tenue du référendum d'indépendance

Mercredi soir, le parlement catalan a accepté la loi qui prévoit un référendum d'indépendance.Cette annonce provoque la colère du gouvernement espagnol.
06 sept. 2017, 22:07
/ Màj. le 11 oct. 2017 à 13:28
La loi a été adoptée avec 72 voix pour et onze abstentions.

Le Parlement de Catalogne, dominé par les indépendantistes, a voté mercredi soir la loi prévoyant l'organisation d'un référendum d'autodétermination dans cette région d'Espagne. Il a ainsi ouvert une grave crise avec Madrid.

La loi, qui précise aussi que le peuple catalan est "souverain", a été adoptée avec 72 voix pour et onze abstentions. Les élus de l'opposition ont quitté l'hémicycle pour ne pas participer au vote, laissant derrière eux des drapeaux catalans et espagnols côte à côte.

Vers 13h00 les 72 députés séparatistes ont mis l'examen de ce texte à l'ordre du jour, tandis que 60 élus de l'opposition se prononçaient contre et trois s'abstenaient, après de fortes tensions et même des cris. "C'est un coup de force contraire à la démocratie", a immédiatement réagi à Madrid la vice-présidente du gouvernement Soraya Saenz de Santamaria.

Les personnes "qui sont aux commandes du Parlement (catalan) et du gouvernement de Catalogne se rapprochent davantage des régimes dictatoriaux que d'une démocratie", a-t-elle ajouté. Elle a annoncé la saisine de la Cour constitutionnelle pour tenter de bloquer les débats et le vote de la loi. "Le gouvernement a demandé à la Cour constitutionnelle de déclarer nuls et sans effets les accords adoptés."

Examiné en "urgence"

Au parlement catalan, l'opposition aux séparatistes a dénoncé le fait qu'un texte aussi fondamental soit examiné en "urgence", avec des débats écourtés, sans possibilité de recours devant l'organe chargé de contrôler la légalité des lois avant leur adoption. Les débats sur le fond et le vote final étaient attendus en fin d'après-midi.

En présentant cette loi, la majorité indépendantiste ignore une interdiction déjà énoncée par la Cour constitutionnelle. Le référendum doit ensuite être officiellement convoqué par un décret de l'exécutif de Catalogne, qui à son tour désobéirait ainsi à la justice.

Les séparatistes veulent consulter les Catalans pour déterminer si leur région de 7,5 millions d'habitants - 16% de la population espagnole - doit devenir "un Etat indépendant sous forme de République" et quitter le Royaume d'Espagne, quarante ans après le retour complet de ce pays à la démocratie.

Si les indépendantistes remportaient le référendum, ce territoire grand comme la Belgique et pesant 20% du PIB espagnol chercherait à se séparer de l'Espagne, mais sans consentement mutuel.

Las des débats

Une partie de l'opinion publique régionale, divisée à parts presque égales, est aujourd'hui lasse de ce débat. Plus de 70% des Catalans souhaitent une consultation qui réglerait la question.

L'UE observe et a fait savoir qu'elle ne reconnaîtrait pas un tel Etat catalan. Mais avant le 1er octobre, bien des surprises sont possibles, le gouvernement central ayant promis que le vote n'aurait pas lieu... sans vraiment dévoiler son plan.