Etats-Unis: le procès des attentats de Boston a débuté

Le procès du seul accusé des attentats du marathon de Boston s'est ouvert mercredi. Djokhar Tsarnaev plaide non coupable des 30 chefs d'accusation retenus contre lui.
07 août 2015, 15:09
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les attentats avaient fait 3 morts et 264 blessés.

Faisant revivre les émotions de quatre jours de cauchemar, le procès du seul accusé des attentats du marathon de Boston en 2013, qui risque la peine de mort, s'est ouvert mercredi au tribunal fédéral de la ville. La salle était comble.

Djokhar Tsarnaev, un jeune musulman de 21 ans d'origine tchétchène, plaide non coupable des 30 chefs d'accusation retenus contre lui pour ces attentats, les plus graves depuis le 11-Septembre aux Etats-Unis. Ils avaient fait 3 morts et 264 blessés quand deux bombes artisanales avaient explosé près de la ligne d'arrivée du célèbre marathon le 15 avril 2013.

En veste de costume et chemise à col ouvert, le jeune accusé à la tignasse rebelle a écouté sans réaction particulière les premières déclarations du procureur William Weinreb. Il a ainsi fait revivre le carnage du marathon, et les jours qui ont suivi, jusqu'à l'arrestation de Tsarnaev, caché dans un bateau en banlieue de Boston le 19 avril au soir, grièvement blessé.

Quelques heures plus tôt, son frère aîné Tamerlan, 26 ans, que la défense entend présenter comme le conspirateur en chef, avait été tué lors d'une confrontation avec la police.

"Gagner son paradis"

Le procureur a raconté les milliers de spectateurs massés sur le parcours du marathon, dont de nombreuses familles, car il s'agissait d'un jour férié, puis le carnage.

"Le but était de tuer autant de personnes que possible", a-t-il asséné. "Certains ont saigné à mort sur le trottoir pendant que l'accusé s'enfuyait", a-t-il ajouté, affirmant que cela avait été le cas du petit Martin Richard, 8 ans.

Vingt minutes plus tard, a ajouté le procureur, Djokhar Tsarnaev achetait du lait dans un supermarché, "comme s'il n'en avait strictement rien à faire", avant de retourner sur son campus.

Le jeune étudiant, a-t-il affirmé, s'était progressivement radicalisé à partir de 2011. Il jouait à des jeux vidéo avec ses amis, mais lisait de la propagande terroriste, écoutait des chansons terroristes, propageait lui-même des idées terroristes sur internet. Il voulait gagner son "paradis", a affirmé le procureur, selon lequel les enquêteurs ont retrouvé dans son ordinateur des exemplaires du magazine d'Al-Qaïda, "Inspire".

Peine de mort ou perpétuité

La défense a ensuite pris la parole, dressant un tout autre portrait de l'accusé, insistant notamment sur "l'influence" qu'avait sur lui son frère Tamerlan.

La salle d'audience du tribunal fédéral était comble pour l'ouverture de ce procès très attendu. Plusieurs des victimes, dont les parents de Martin Richard s'y trouvaient.

Le procès devrait durer jusqu'en juin.

C'est aux jurés que reviendra la charge de décider de la culpabilité de l'accusé, puis, dans une deuxième phase, de la sentence, qui ne peut être que la peine de mort ou la réclusion à perpétuité.