Etats-Unis: ouverture du procès d'un gendre de Ben Laden

Le procès de Souleymane Abou Ghaith, gendre de Ben Laden et ancien porte-parole d'Al-Qaïda, a débuté lundi à NewYork.
07 août 2015, 13:26
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Au centre, Souleymane Abu Ghaith accusé notamment de complot visant à tuer des Américains.

Le procès d'un gendre de Ben Laden et ancien porte-parole d'Al-Qaïda s'est ouvert lundi à New York sous haute sécurité, à environ un kilomètre du site des attentats du 11 Septembre. Souleymane Abou Ghaith, 48 ans, a plaidé non coupable et risque la réclusion à perpétuité.

Déchu de sa nationalité koweïtienne après les attentats du 11 Septembre, Abou Ghaith est inculpé de complot visant à tuer des Américains et visant à apporter un soutien à des terroristes. Vêtu d'une large veste beige sur une chemise blanche à col ouvert, il s'est assis près de ses avocats pour écouter l'audience en traduction simultanée. Son procès pourrait durer plusieurs semaines.

Le juge fédéral Lewis Kaplan a commencé la sélection des jurés, dont l'anonymat sera protégé, peu après 10h00 (16h00 heure suisse), éliminant 44 candidats en raison de leurs engagements professionnels ou personnels.

Le gouvernement américain affirme qu'au lendemain des attentats du 11 Septembre, Abou Ghaith se trouvait aux côtés de Ben Laden et du numéro 2 de l'organisation Ayman al-Zawahiri en Afghanistan. Il avait averti les Etats-Unis qu'une "grande armée se formait contre (eux)".

Marié à l'une des filles de Ben Laden, Fatima, Abou Ghaith a, selon l'accusation, travaillé pour Al-Qaïda jusqu'en 2002. Il a ensuite quitté l'Afghanistan pour s'installer en Iran.

Deux témoins-clés

Les procureurs new-yorkais l'accusent également de complicité avec Richard Reid, un Britannique qui avait tenté de faire exploser un vol Paris-Miami en décembre 2001 avec des chaussures piégées, trois mois après le 11 Septembre. Mais la défense affirme que les Etats-Unis n'ont pas de preuves qu'Abou Ghaith soit impliqué ou au courant de cette tentative d'attentat.

Le procès devrait être marqué par l'intervention de deux témoins, qui s'exprimeront par circuit vidéo depuis le Royaume-Uni et le Yémen: le Britannique Saajid Badat, qui avait plaidé coupable et coopéré avec les enquêteurs après avoir été accusé de complicité avec Richard Reid, qui témoignera le 10 mars, et un ancien chauffeur de Ben Laden, Salim Hamdan, qui vit désormais au Yémen.

Le juge Kaplan a décidé que le procès pouvait démarrer sans que la défense ait reçu les 14 pages de témoignage du cerveau autoproclamé du 11 Septembre Khalid Cheikh Mohammed, détenu à Guantanamo depuis 2006. L'avocat de Mohammed a refusé de transmettre le document parce que les renseignements américains voulaient l'examiner de près, selon la défense.