Etats-Unis: retour au calme à Ferguson, la Garde nationale s'en va

Deux semaines après qu'un jeune Noir a été abattu par un policier blanc à Ferguson, une banlieue de St-Louis, dans le Missouri, le calme semble être revenu. Le gouverneur a notamment ordonné le retrait de la Garde nationale arrivée lundi pour maintenir l'ordre.
07 août 2015, 14:07
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Jeudi soir, les émeutes violentes ont laissé place à des manifestations pacifiques à Ferguson.

Les manifestations ont eu lieu jeudi soir dans le calme, pour la seconde journée consécutive, dans la petite ville de Ferguson. La Garde nationale du Missouri (centre des Etats-Unis) se retirait, douze jours après le décès d'un jeune Noir abattu par un policier blanc.

Aucun incident n'a été signalé lors de la manifestation de jeudi où ont défilé quelques centaines de personnes demandant que justice soit faite après le décès de Michael Brown, 18 ans, abattu le 9 août par un policier blanc.

Le père du jeune homme, Michael Brown Sr, a exhorté sur la chaîne de télévision CNN les contestataires à "reprendre une vie normale".

Il a exprimé sa gratitude envers tous ceux qui ont témoigné de leur compassion mais a critiqué les pillages et les heurts avec les forces de l'ordre.

Chef de la police content

"Ces pillages, tout cela, (...) cela n'aide pas notre fils. Cela ne fait que provoquer davantage de chagrin et cela ternit son nom", a-t-il déclaré.

Avec les manifestations de jeudi, "je pense que nous avons franchi une étape", a dit le capitaine Ron Johnson, officier noir placé à la tête du maintien de l'ordre.

Ron Johnson et de nombreux agents de sa police ont pu en soirée figurer sans problème au milieu des manifestants.

Invoquant l'accalmie, le gouverneur du Missouri Jay Nixon avait lui ordonné jeudi le départ de la Garde nationale après une dizaine de jours de manifestations qui ont dégénéré de manière sporadique en émeutes et affrontements avec la police.

Arrestation récente de dizaines de personnes

Au total, seules cinq personnes ont été arrêtées jeudi soir, contre six, mercredi et 47 mardi.

La petite ville de la banlieue de St. Louis avait connu un début d'accalmie dans la nuit de mercredi à jeudi, après la venue du ministre de la Justice Eric Holder. Il y a arpenté les rues et rencontré les habitants pour y panser les plaies d'un meurtre qui a ravivé le spectre du racisme.

Douze membres d'un grand jury du comté de St. Louis, chargé de décider s'il faut poursuivre le policier, ont commencé mercredi à étudier les premiers éléments de l'enquête. Ils pourraient demander à entendre le policier de 28 ans mais leur décision pourrait se faire attendre jusqu'en octobre, selon le procureur Robert McCulloch.

Répondant à ceux qui réclament sa récusation parce qu'il avait relaxé il y a quelques années deux policiers, le procureur a assuré jeudi avoir toujours accompli sa mission "fidèlement et équitablement" et ne pas avoir l'intention de se retirer.

Discussion prévue au Parlement

Face aux violences, qui ont émaillé quasi quotidiennement les manifestations, pacifiques au départ, le gouverneur avait confié le maintien de l'ordre à la police de la route, venue relever la police locale critiquée pour sa militarisation et ses brutalités.

Mais les actes de vandalisme nocturnes continuant, le gouverneur avait ensuite mobilisé la Garde nationale, dont les premiers hommes sont arrivés lundi, pour surtout protéger le quartier général de la police, pris pour cible par certains manifestants.

La police de la route et la police locale vont désormais rester seules en charge de la sécurité publique.

La sénatrice du Missouri Claire McCaskill a promis de son côté jeudi des auditions sur le programme de transfert d'équipements militaires aux polices locales.

Au moins 6 balles évoquées

Des rassemblements en mémoire du jeune homme sont prévus d'ici ses funérailles publiques lundi. D'autres manifestations en faveur cette fois du policier sont organisées ce week-end.

Le policier, mis en congé forcé, n'a fait aucune apparition publique ni déclaration depuis qu'il a abattu le 9 août vers midi Mike Brown, qui venait de voler une boîte de cigares dans un magasin de spiritueux.

Les versions de la police et de plusieurs témoins divergent. Pour les uns, Michael Brown aurait tenté de se saisir de l'arme du policier qui l'a abattu. Pour d'autres témoins, dont l'ami de Michael Brown qui l'accompagnait, il avait les mains en l'air.

Les autopsies diligentées par la famille et par le ministère ont conclu que le jeune homme avait été atteint d'au moins six balles.