Etats-Unis: une journaliste de "Rolling Stone" condamnée à verser 2 millions de dollars pour diffamation

L'affaire remonte à novembre 2014. Le magazine "Rolling Stone" publie alors un article sur une affaire de viol collectif sur le campus de l'université de Virginie, aux Etats-Unis. Mais une enquête de police et une enquête interne montrent que cette agression n'a jamais eu lieu. Mise en cause, la doyenne des étudiants a porté plainte et obtenu un dédommagement de 2 millions de dollars.
08 nov. 2016, 11:15
/ Màj. le 08 nov. 2016 à 11:16
La doyenne des étudiants Nicole Eramo a obtenu un dédommagement de la part de la journaliste.

Une journaliste du magazine Rolling Stone a été condamnée à verser deux millions de dollars (1,94 million de francs) à une responsable de l'université de Virginie. La rédactrice l'avait accusée d'avoir couvert un viol collectif, qui n'a en réalité jamais eu lieu.

De son côté, le magazine a aussi été condamné lundi à verser un million de dollars à cette même responsable, Nicole Eramo, doyenne adjointe des étudiants de l'université, selon le jugement consulté par l'AFP. La plaignante réclamait 7,5 millions de dollars de dommages et intérêts. Contacté par l'AFP, le conseil de la journaliste et du magazine n'a pas donné suite.

En novembre 2014, le magazine américain avait publié un article titré "A Rape on Campus" ("Un viol sur le campus"). Le texte évoquait l'histoire d'une étudiante affirmant avoir été victime d'un viol collectif dans les locaux d'une confrérie étudiante.

L'auteure de l'article, Sabrina Rubin Erdely, rapportait que l'étudiante avait contacté les responsables de l'université mais que ceux-ci n'avaient pas donné suite. Elle mettait notamment en cause nommément Nicole Eramo.

Le magazine se rétracte

Après la publication de l'article, une enquête interne de l'université et une enquête de police n'avaient recueilli aucun élément susceptible de corroborer les accusations. Mais des recoupements opérés ultérieurement sur le témoignage de la jeune femme avaient mis en évidence de nombreuses incohérences.

En avril 2015, Rolling Stone s'est officiellement rétracté. Mais le magazine et l'auteure de l'article ont été assignés en justice pour diffamation par Nicole Eramo. Vendredi, le jury d'un tribunal fédéral de Virginie a conclu à la culpabilité des deux parties mises en cause, ainsi qu'au caractère intentionnel pour la plupart des passages incriminés.