Ethiopie: une bousculade lors d'une manifestation fait au moins 50 morts

Une bousculade lors d'une manifestation a fait au moins 50 morts dans la ville de Bishoftu, en Ethiopie. Le drame a été provoqué par des tirs de sommations des forces de l'ordre.
02 oct. 2016, 14:17
/ Màj. le 02 oct. 2016 à 14:56
L'intervention des forces de sécurité s'est produite alors que des milliers de personnes étaient rassemblées pour une fête religieuse dans la ville de Bishoftu, à une quarantaine de kilomètres au sud de la capitale Addis Abeba.

Une bousculade provoquée par des tirs de sommation des forces de l'ordre éthiopiennes pendant une manifestation d'opposants dans la région d'Oromia aurait fait au moins 50 morts, a affirmé dimanche un groupe d'opposition. Le gouvernement a parlé de "plusieurs morts".

L'intervention des forces de sécurité s'est produite alors que des milliers de personnes étaient rassemblées pour une fête religieuse dans la ville de Bishoftu, à une quarantaine de kilomètres au sud de la capitale Addis Abeba. Selon des témoins, la police a utilisé des grenades lacrymogènes et des tirs de sommation pour disperser des manifestants antigouvernementaux qui réclamaient "justice" et "liberté", ce qui a créé un mouvement de panique.

De nombreux participants brandissaient leurs bras croisés au dessus de la tête, un geste devenu le symbole de la contestation des Oromo face aux autorités éthiopiennes. En août, l'opposition et des habitants avaient accusé les forces de sécurité d'avoir abattu plus de 90 manifestants dans les régions d'Oromia et d'Amhara.

 

Contestation sans précédent

"Ce gouvernement est une dictature. Il n'y a pas d'égalité, ni de liberté d'expression. Il n'y a que le TPLF", a déclaré Mohamed Jafar, un des manifestants, en référence au Front de libération du peuple du Tigré. Le TPLF avait renversé la dictature communiste de Mengistu Haile Mariam en 1991 et est aujourd'hui accusé de monopoliser les postes-clés au sein du pouvoir.

Le festival Irreecha rassemble chaque année des centaines de milliers, voir des millions de personnes de toute la région oromo, sur les rives du lac Harsadi, considéré par les Oromo comme un lac sacré.

L'Ethiopie est actuellement en proie à un mouvement de contestation anti-gouvernementale sans précédent depuis une décennie, qui a commencé en région oromo (centre et ouest) au mois de novembre 2015 et qui s'est étendu depuis l'été à la région amhara (nord).

Ces deux ethnies représentent environ 60% de la population éthiopienne. Elles contestent de plus en plus ouvertement ce qu'ils perçoivent comme une domination sans partage de la minorité des Tigréens, issus du nord du pays, qui occupent les postes-clés au sein du gouvernement et des forces de sécurité.