Evasion fiscale: la Grèce est soulagée suite à l'acquittement du journaliste Costas Vaxevanis

L'acquittement du journaliste grec Costas Vaxevanis qui avait publié la liste de noms de détenteurs présumés de comptes en Suisse, soulage le pays.
06 août 2015, 15:00
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
L'acquittement du journaliste grec Costas Vaxevanis qui avait publié la liste de présumés détenteurs de compte en Suisse soulage la Grèce.

 La Grèce était soulagée vendredi après l'acquittement d'un journaliste. Il avait publié une liste de noms de détenteurs présumés des comptes en Suisse, au centre d'une polémique depuis des mois.

Le journaliste Costas Vaxevanis, 46 ans, accusé de violation des données personnelles pour avoir publié une liste de 2'059 noms, tirée de données provenant selon lui de la banque HSBC en Suisse, a été acquitté jeudi à la suite d'un procès marathon de douze heures.

"Les péripéties judiciaires de journalistes concernant l'exercice de leur métier sont un pas en arrière et un phénomène inquiétant, et cela est évidemment lié à la crise et à l'épreuve que traverse le peuple grec", a commenté Nicos Grillakis, représentant du syndicat des journalistes de la télé publique Net.

Il a espéré que l'affaire soit "un phénomène occasionnel" et qu'elle incite les "journalistes à se libérer pour qu'ils exercent leur métier sans limites et d'une manière plus efficace".

De son côté, M. Vaxevanis avait souligné à l'issue de son procès que "la décision du tribunal constitue un évènement très important qui permet aux journalistes de faire leur travail".

Liberté de la presse

L'affaire Vaxevanis avait provoqué un tollé dans le monde des médias grecs et étrangers, le journaliste ayant reçu le soutien de nombreuses ONG de défense de la liberté de la presse et des droits de l'Homme.

Tout en reconnaissant que le fait de détenir un compte en Suisse n'était pas illégal, M. Vaxevanis a invoqué le droit de la presse à publier des documents cachés ou minimisés par les autorités, pour dénoncer des scandales, dans un contexte où le gouvernement grec est confronté à la colère croissante de la rue face à une austérité accusée d'épargner les riches et les puissants.

Son affaire s'inscrit dans le cadre de la polémique couvant ces derniers mois en Grèce autour d'une liste dite "Lagarde" car transmise en 2010 au gouvernement grec par l'ancienne ministre française des Finances Christine Lagarde, aujourd'hui directrice générale du FMI.

Original disparu

L'existence de cette liste n'a été révélée que récemment par la presse, alors que les trois gouvernements s'étant succédés en deux ans en Grèce n'ont pas semblé en tirer profit pour durcir leur lutte contre la fraude fiscale, endémique dans le pays.

L'affaire de la "liste Lagarde", dont l'original a disparu du ministère des Finances de l'avis même de l'ex-ministre Georges Papaconstantinou, fait l'objet d'une enquête préliminaire du procureur du crime financier Grigoris Peponis.

Selon une source judiciaire, il envisage de transmettre le dossier au parlement, ce qui permettrait aux députés d'examiner d'éventuelles responsabilités de M. Papaconstantinou et de son successeur jusqu'à début 2012 au ministère des Finances, Evangélos Vénizélos, actuel dirigeant du parti socialiste Pasok.