France: 70 arrestations lors d'une manifestation pro-Palestine interdite à Paris

Plusieurs milliers de personnes ont participé samedi à Paris à un rassemblement pro-palestinien, pourtant interdit, qui a donné lieu à des incidents, une semaine après de violents débordements lors de précédentes manifestations interdites. A Genève, un millier de protestataires ont demandé "la fin du massacre".
07 août 2015, 14:00
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Des manifestants se sont rassemblés comme prévu à 15 heures place de la République, en plein centre de Paris.

A Paris, alors que le défilé avait été interdit par la police qui invoquait le risque de violences, quelque 5000 personnes s'étaient rassemblées à 15h00 place de la République, point de départ initialement prévu du cortège, mais sans chercher à défiler. Les forces de l'ordre avaient toléré le rassemblement tout en maintenant un important dispositif de sécurité.

De jeunes, certains cagoulés, jetaient également divers projectiles, des pierres notamment, sur des vitrines de magasins. Un abribus a été détruit. Selon le ministère de l'Intérieur, 70 personnes ont été interpellées, dont trente placées en garde à vue, en marge de la manifestation. Douze policiers ont été légèrement blessés.

Illégale, mais "plus que légitime"

La justice française avait confirmé à la mi-journée l'interdiction de la manifestation décidée par la police. Et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait solennellement appelé les organisateurs à renoncer à leur initiative, avertissant qu'ils seraient tenus pour "responsables d'éventuels débordements (...) et passibles de sanctions pénales".

"Cette manifestation est illégale, mais pour nous elle est plus que légitime. Il s'agit de manifester notre solidarité avec un peuple qui est en train de se faire massacrer", expliquait Hugo, jeune militant du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, extrême gauche).

Le président François Hollande avait assuré le 14 juillet qu"il n'était pas question de laisser "s'importer" en France le conflit israélo-palestinien. Des incidents avaient éclaté près d'une synagogue à l'issue d'une manifestation le 13 juillet.

Contrairement à d'autres manifestations pro-palestiniennes en Europe qui ne suscitent pas de polémique, en France l'opposition à l'offensive israélienne s'est doublée d'une controverse sur l'interdiction de certains rassemblements et la montée de l'antisémitisme.

Manifestations à Genève et Londres

A Genève, plus d'un millier de manifestants ont demandé samedi la fin du "massacre" des Palestiniens à Gaza. Brandissant de nombreux drapeaux palestiniens, les manifestants ont défilé du centre-ville jusqu'au Palais Wilson, siège du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme. La manifestation s'est déroulée pacifiquement.

Les manifestants ont scandé tour à tour: "Israël assassin", "Libérez la Palestine", "Halte au massacre", "La Suisse complice".

Les quelque trente organisations signataires d'un appel à la Confédération demandent que le Conseil fédéral "condamne les massacres de la population civile palestinienne perpétrés par l'armée israélienne" et "exige la levée du blocus inhumain de la bande de Gaza". Elles demandent également que la Suisse mette fin à toute collaboration militaire avec Israël.

A Londres, quelque 10'000 manifestants selon la police ont défilé pour demander "la fin du massacre à Gaza". Les manifestants se sont rassemblés devant l'ambassade d'Israël, dans le quartier de Kensington (ouest de Londres). Ils ont ensuite défilé vers la place du Parlement britannique. Aucun incident n'a été signalé.