France: François Hollande inaugure l'"Anneau de la Mémoire" en l'honneur des soldats de la Grande Guerre

François Hollande a inauguré mardi l'"Anneau de la Mémoire", à Notre-Dame de Lorette, dans le nord de la France. Il porte les noms de 580'000 soldats tués lors de la Première Guerre mondiale.
07 août 2015, 14:26
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
François Hollande a inauguré le monument qui porte le nom de soldats de tous les pays impliqués.

François Hollande a mis un point final à une année de célébration du centenaire de la Première Guerre mondiale en France. Il a inauguré mardi l'"Anneau de la Mémoire", un mémorial rendant hommage à près de 580'000 soldats tués entre 1914 et 1918, sans distinction de nationalité.

Le président français a dévoilé l'imposant monument composé de 500 plaques d'acier qui portent le nom de 579'606 soldats. Plusieurs ministres de différents pays étaient représentés à la cérémonie à l'occasion du 11-Novembre.

L'"Anneau de la mémoire" de Notre-Dame de Lorette (nord) porte les noms des soldats de "toutes origines, de toutes nationalités, de toutes conditions, de toutes religions", "hier ennemis", "aujourd'hui réunis dans la mort" grâce à ce mémorial, a souligné François Hollande.

"Message d'espoir"

Les Britanniques sont les plus nombreux, avec 241'214 noms de combattants inhumés pour la plupart dans quelque 800 cimetières militaires de la région, devant les Allemands (173'876) et les Français (106'012).

En France, l'"Anneau de la mémoire" vise, selon M. Hollande, à être "à la fois un geste profondément humain et un message d'espoir éminemment actuel à tous ceux qui luttent aujourd'hui pour que la paix et le droit triomphent partout dans le monde".

18 millions de morts

"La paix est toujours fragile, elle peut vaciller à tout instant", a-t-il souligné. "La paix a besoin de militants, de défenseurs, de diplomates pour chercher les compromis, et nous en avons besoin en Ukraine, en Syrie, en Irak".

"A chaque fois que le nationalisme resurgit, que les idéologies de haine refont surface (...) alors nous devons nous souvenir de l'engrenage infernal de l'été 1914 et où il a conduit l'humanité", a déclaré le président français, rappelant que cette guerre effroyable avait fait 18 millions de morts.

Deux minutes de silence

Interrogé par le quotidien régional "La Voix du Nord" pour savoir si les opinions publiques étaient prêtes à cette "fusion dans le souvenir", François Hollande a répondu par l'affirmative: "Les peuples ont cette maturité, même par rapport à la guerre de 1939-1945".

Partout dans le pays, des gens ont observé deux minutes de silence à 12h00 précises. Dans la matinée, le chef de l'Etat avait rendu hommage à Paris à la mémoire des sept soldats français tués en opérations au cours des 12 derniers mois, trois en Centrafrique et quatre au Sahel.

Sur son parcours, quelques sifflets, mais aussi des applaudissements pour le président le plus impopulaire de l'histoire de la Ve République.

Au cours de l'année, le président français avait déjà organisé dans le cadre du centenaire une cérémonie prestigieuse en présence des représentants de 80 pays, le 14 juillet. Des commémorations plus discrètes avaient marqué, début septembre, l'anniversaire de la bataille de la Marne, en l'absence du président de la République, alors en visite en Irak.

Coquelicots britannique

Depuis 2011, le 11-Novembre est une journée d'hommage à tous les morts pour la France. Au Royaume-Uni, les commémorations de l'armistice ont pris la forme d'un champ de coquelicots en céramique installé dans les douves de la Tour de Londres.

Harry Hayes, un cadet de l'armée âgé de 13 ans, a planté le dernier des 888'246 coquelicots, un pour chaque homme tombé au combat pendant la Grande Guerre. L'installation éphémère, baptisée "Blood Swept Lands And Seas Of Red" ("Le sang a balayé terres et mers de rouge"), a attiré ces dernières semaines près de cinq millions de personnes.