France: Jérôme Cahuzac sort de son silence

Depuis ses aveux sur ses comptes en Suisse et à Singapour, Jérôme Cahuzac, l'ex-ministre français du Budget, sort de son silence et déclare à la presse "déménager tous les deux jours pour fuir la pression".
07 août 2015, 11:13
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
epa03632944 Outgoing French Budget Minister Jerome Cahuzac attends a hand-over ceremony at the Finance Ministry in Paris, France, 20 March 2013. Cahuzac resigned on 19 March, following tax fraud allegations, and has handed over his role to French Minister of European Affairs Bernard Cazeneuve.  EPA/IAN LANGSDON

L'ex-ministre français du Budget Jérôme Cahuzac "déménage tous les deux jours pour fuir la pression" depuis ses révélations sur ses comptes en Suisse et à Singapour. Il réfléchit à son éventuel retour à l'Assemblée nationale, a-t-il déclaré jeudi dans "La Dépêche du Midi".

Jérôme Cahuzac précise dans sa première interview depuis ses aveux avoir séjourné chez plusieurs membres de sa famille: deux jours en Normandie, deux jours en Bretagne, et cette semaine à Gujan-Mestras, sur les bords du bassin d'Arcachon.

Notant qu'il est toujours poursuivi par des photographes, il s'étonne "de la capacité de géolocalisation que certains déploient" pour suivre sa trace.

Interrogé sur son éventuel retour comme député à l'Assemblée nationale, l'ancien ministre a déclaré: "C'est trop tôt, je n'ai pas encore pris ma décision". "Je n'imagine rien", a-t-il ajouté concernant son avenir. "Je possède quand même quelques amis fidèles", a-t-il noté.

Quinze jours de réflexion

Jean-Claude Gouget, devenu député du Lot-et-Garonne lors de l'entrée au gouvernement de Jérôme Cahuzac, avait assuré mercredi sur RTL que l'ex-ministre réfléchissait à l'éventualité de revenir à l'Assemblée nationale, et se donnait "15 jours".

Depuis la réforme constitutionnelle de 2008, un ministre qui quitte le gouvernement - démission ou remaniement - peut retrouver son siège de député au bout d'un mois. Le délai pour M. Cahuzac expire le 19 avril à minuit.

L'ancien ministre du Budget a été exclu du Parti socialiste et plusieurs personnalités de la majorité ont estimé que son retour à l'Assemblée nationale n'était pas souhaitable. Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, avait expliqué vendredi qu'il essayait de le "convaincre" de renoncer à son siège de député après ses aveux.