Gaza: plus de 1000 Palestiniens tués alors que la trêve s'achève

Le Hamas a revendiqué ce soir des tirs de roquettes vers Israël, rejetant de facto la prolongation de la trêve humanitaire. Le bilan du conflit dépasse désormais le millier de morts palestiniens dans la bande de Gaza.
07 août 2015, 14:00
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Plus d'une centaine de corps ont été découverts dans tout le territoire samedi.

Les autorités israéliennes avaient accepté de prolonger la trêve jusqu'à minuit (23h00 suisses). Mais l'armée a confirmé avoir enregistré des tirs de mortier et de roquettes, dont deux ont été interceptées au-dessus d'Ashkelon, dans le sud du pays.

Avant la revendication des tirs de roquettes, un porte-parole du Hamas à Gaza, Fawzi Barhoum, avait prévenu qu'il n'y avait pas eu "d'accord sur une extension de quatre heures du cessez-le-feu".

En effet, le cessez-le-feu de 12 heures, qui a été respecté, a permis de retirer des décombres quelque 132 corps, selon un bilan des services de secours.

Levée du blocus exigée

Au total, cette guerre en plein mois de ramadan a fait plus de 1000 morts palestiniens, en grande majorité des civils, depuis le début le 8 juillet des opérations destinées anéantir les capacités militaires du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle Gaza.

Quarante soldats israéliens sont tombés au combat, ce qui représente les pertes militaires les plus élevées depuis la guerre de l'été 2006 contre le Hezbollah libanais. Les roquettes ont aussi tué trois civils en Israël.

Depuis plus de deux semaines, le Hamas répète qu'il n'acceptera de cessez-le-feu qu'en cas de levée du blocus imposé par Israël depuis qu'il a pris le contrôle de l'enclave en 2006.

Scènes de désolation

Avec la brève pause, partout dans le territoire, des habitants déplacés sont retournés dans leur quartier, où ils ont découvert des scènes de désolation: maisons défoncées, éventrées, effondrées, des dépouilles noircies au milieu des ruines et des traces de sang mêlées aux empreintes des chars israéliens.

Le Hamas avait déconseillé à ces déplacés, dont plus de 160'000 ont trouvé refuge dans des locaux de l'ONU - d'approcher des immeubles bombardés et des zones de combat de crainte d'engins non explosés ou piégés.

Mais les quelque 1,8 million de Palestiniens de Gaza, entassés dans la misère sur un minuscule territoire de 362 km2, savaient bien qu'ils n'en avaient pas fini avec les épreuves. Beaucoup se sont pressés d'acheter vivres et carburant, au milieu du ballet ininterrompu d'ambulances, tandis que le bourdonnement des drones rappelait la menace.

Pour tenter de mettre fin au bain de sang, une brève "réunion internationale" a eu lieu à Paris à l'invitation du chef de la diplomatie Laurent Fabius, et en présence de l'Américain John Kerry et de leurs homologues de Turquie et du Qatar, deux alliés de Gaza.

Une réunion pour rien à Paris

Les ministres ont demandé une prolongation de la trêve pour "24 heures renouvelables", une demande également formulée par le coordinateur spécial pour le Moyen-Orient à l'ONU Robert Serry afin de permettre "aux civils de récupérer et d'enterrer leurs morts". Mais à l'exception des appels à prolonger la trêve, la rencontre n'a débouché sur aucune annonce concrète.

Témoignant de la tâche ardue des médiateurs internationaux, le cabinet de sécurité israélien avait rejeté vendredi une proposition transmise par M. Kerry pour un cessez-le-feu de sept jours qui permettrait d'engager des négociations indirectes.

Selon les radios israéliennes, l'Etat hébreu a jugé les termes de l'offre trop favorables au Hamas, considéré comme une organisation "terroriste" par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne.

Ce conflit, le quatrième depuis le retrait unilatéral israélien de Gaza en 2005, menace de s'étendre à la Cisjordanie où les heurts entre manifestants dénonçant l'offensive à Gaza et les forces israéliennes ont coûté la vie à huit Palestiniens depuis jeudi soir.