Irak: le bilan de l'attentat à Bagdad s'alourdit à 250 morts

C'est le pire attentat perpétré par l'État Islamique et également le pire jamais commis dans le pays. L'Irak pleure encore ses morts dont le chiffre ne cesse d'augmenter.
06 juil. 2016, 16:08
/ Màj. le 06 juil. 2016 à 16:25
Des analyses ADN serontt nécessaires pour identifier près de 150 corps qui ont été brûlés dans l'explosion.

L'attentat perpétré dimanche dans un quartier animé de Bagdad par le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a fait au moins 250 morts, selon un nouveau bilan établi mercredi. Il s'agit de l'une des pires attaques du genre jamais perpétrée dans le pays.

La ministre irakienne de la Santé Adila Hammoud a fait état de 250 tués et 200 blessés. Un un officier de la police et un responsable du ministère de l'Intérieur ont donné un bilan encore plus lourd de cet attentat.

Mme Hammoud a précisé que des analyses ADN seraient nécessaires pour identifier près de 150 corps qui ont été brûlés dans l'explosion. Ce processus devrait prendre de 15 à 45 jours, selon la ministre.

L'attentat a été mené à l'aide d'un véhicule piégé qui a explosé dans une rue bondée de Karrada, un quartier commerçant majoritairement chiite, très fréquenté avant les fêtes de la fin du mois de jeûne du ramadan. Il a été revendiqué par l'EI, chassé une semaine plus tôt de son bastion de Fallouja, à l'ouest de Bagdad.

 

 

"Est-ce vraiment ça, l'Aïd?"

Trois jours après le drame, des milliers de bougies étaient allumées en hommage aux victimes. De nombreuses personnes ont participé mercredi à la première prière du matin sur les lieux mêmes de l'attentat.

Habituellement joyeuse, la fête de l'Aïd el-Fitr a débuté sur une note sombre. "Cette tragédie qui nous arrive, les jeunes qui meurent... est-ce vraiment ça, l'Aïd?", s'interroge un passant, Mohammed Al Sultan.

 

 

Depuis la chute du régime de Saddam Hussein, renversé en 2003 après l'invasion américaine, l'Irak est en proie à l'instabilité politique et sécuritaire. Les crises gouvernementales se multiplient et les attentats continuent d'endeuiller le pays.

L'EI s'est emparé en 2014 de larges pans du territoire irakien, mais a depuis perdu du terrain au profit des forces gouvernementales. Celles-ci sont soutenues par les frappes de la coalition internationale sous commandement américain.