Italie: le Concordia renfloué avant son dernier voyage depuis l'île de Giglio

L'opération de renflouement du paquebot Concordia a débuté lundi et devrait durer une semaine.
07 août 2015, 13:57
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
injecter de l'air dans les quelque 30 caissons entourant l'épave longue de près de 300 mètres et pesant 115 000 tonnes au total, afin qu'elle se relève d'au moins deux mètres.

L'opération sans précédent de renflouement du paquebot Concordia, dont le naufrage le 13 janvier 2012 devant l'île toscane du Giglio avait fait 32 morts, a débuté lundi comme prévu. Elle devrait se prolonger au moins jusqu'au week-end.

Peu avant 12h00, l'ingénieur Franco Porcellachia a annoncé que le bateau avait "recommencé à flotter": "Il est à environ un mètre au-dessus du fond", a-t-il annoncé lors d'une conférence de presse. "Le programme se poursuit comme prévu, nous allons continuer (...) jusqu'à faire élever le bateau d'un autre mètre", a-t-il ajouté.

Pour y parvenir, les équipes sur place ont commencé à l'aube à injecter de l'air dans les quelque 30 caissons entourant l'épave longue de près de 300 mètres et pesant 115'000 tonnes, afin qu'elle se relève.

"Il s'agit d'alléger le bateau, de réduire le poids qui pèse sur les plates-formes" sur lesquelles il reposait jusqu'alors, a expliqué Michael Thamm, le patron de Costa. Il a reconnu devant la presse que le coût total de l'opération de sauvetage du paquebot s'élevait désormais à 1,5 milliard d'euros (1,3 milliard de francs).

Démantèlement au port de Gênes

Une fois en flottaison, le navire sera déplacé d'une trentaine de mètres vers le large à l'est de l'île et solidement fixé à l'aide de 36 câbles d'acier et de 56 chaînes. De la bonne réussite de cette phase, d'une durée de six à huit heures, dépendra le départ du géant des mers vers le port de Gênes (nord), où il sera démantelé.

Avant de s'engouffrer dans la salle de contrôle d'où il va superviser toutes les phases du renflouement, le maître d'oeuvre de cette opération encore jamais tentée sur un bateau de cette taille, le Sud-Africain Nick Sloane, s'était dit "un peu nerveux".

A 08h30, avec l'arrivée du dernier ferry en provenance de la terre ferme avant la fermeture du port, la phase décisive "a débuté" avec le détachement du bateau des plates-formes sur lequel il reposait, "en commençant par la poupe (arrière)". "Le risque, c'est que le bateau se casse ou que les chaînes qui soutiennent sa coque se rompent", avait souligné dimanche Nick Sloane, spécialiste mondial du renflouement de navires.

Evacuation d'urgence

"Il y aura 42 personnes à bord au cours de la première manoeuvre. Si une catastrophe intervient, elles seront évacuées en urgence à la poupe et à la proue", a expliqué M. Sloane, pour qui le sauvetage du Concordia restera "son plus grand défi" en vingt ans de carrière.

Si tout se passe comme prévu, tous les caissons seront positionnés mardi ou mercredi, pour cette fois véritablement renflouer le navire. Pour M. Porcellacchia, c'est "le point de non-retour".

Cette deuxième phase débutera jeudi pour se prolonger jusqu'à samedi. L'air emplira alors tous les caissons, et les superstructures du navire seront dégagées de tout débris afin de permettre une navigation sûre.

Dernier voyage

Un dernier contrôle et le paquebot reprendra la mer, en principe le 21 juillet, pour son dernier voyage à destination de Gênes.

Menée par l'armateur italien et effectuée par le consortium américano-italien Titan-Micoperi, l'opération de sauvetage organisée dès le naufrage du navire en janvier 2012 représente un coût total de quelque 1,1 milliard d'euros.

La dernière traversée méditerranéenne du géant des mers - longue de 280 km - durera quatre jours environ, pour se terminer vers le 25 juillet. L'épave devrait passer à 25 km de la Corse, près de l'île d'Elbe, et à 10 km de l'île italienne de Capraia.

69 Suisses blessés

Le Concordia a fait naufrage après avoir violemment heurté un rocher devant le Giglio, entraînant la mort de 32 personnes et faisant des dizaines de blessés sur les plus de 4200 occupants de 70 nationalités, dont 69 Suisses, qui se trouvaient à son bord. Le corps d'un serveur indien n'a toujours pas été retrouvé malgré d'intenses recherches.

Alors que d'autres membres de l'équipage ont négocié des peines à l'amiable, le commandant du paquebot Francesco Schettino est le seul à être jugé à Grosseto (Toscane, centre) pour homicides par imprudence, naufrage et abandon de navire.

A quelques heures du renflouage: