John Kerry et Vladimir Poutine s'accordent sur la lutte contre l'Etat Islamique

Après une halte en France pour assister aux festivités du 14 juillet, le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est rendu à Moscou, pour trouver un terrain d'entente avec la Russie concernant la paix en Syrie.
14 juil. 2016, 18:58
/ Màj. le 14 juil. 2016 à 21:35
John Kerry est arrivé jeudi soir à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine.

 

 

 Le secrétaire d'Etat américain John Kerry est arrivé jeudi soir à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine. Les deux hommes devaient discuter de la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) et le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda.

 

 

Selon des informations du quotidien Washington Post, M. Kerry devait proposer au président russe une coopération militaire en Syrie contre ces deux organisations djihadistes. M. Kerry "discutera avec les Russes de l'importance de focaliser leurs efforts sur l'EI et Al-Qaïda", a dit un haut responsable du Département d'Etat américain. Il a dit ignorer "si (Washington) obtiendra un accord dans ce sens".

La Russie n'a pas souhaité commenter les informations de la presse américaine. Mais Moscou a pris soin de rappeler que "le président Poutine a, de manière répétée, déclaré que le Kremlin considérait que la lutte contre le terrorisme en Syrie et dans les Etats voisins ne pouvait être menée qu'en commun", selon son porte-parole Dmitri Peskov.

Bachar al-Assad en question

Tout accord entre Moscou et Washington risque d'être fortement controversé. Il pourrait être perçu comme une approbation tacite donnée au maintien de Bachar al-Assad au pouvoir. Or, le sort du président syrien reste la principale pierre d'achoppement dans les différents cycles de pourparlers organisés jusqu'à présent sous l'égide de l'ONU à Genève.

Dans une interview diffusée jeudi matin par la chaîne de télévision américaine NBC News, le président syrien affirme que les Russes "n'ont jamais dit un mot" sur son départ du pouvoir. M. Assad assure par ailleurs ne pas nourrir d'inquiétudes quant à la possibilité que Russes et Américains décident un jour qu'il doit quitter ses fonctions.

Commandement commun

Selon le Washington Post, la proposition américaine consiste à établir un centre de commandement commun pour diriger une intense offensive aérienne contre les combattants de l'EI et d'Al-Nosra, qualifiés de groupes terroristes par le Conseil de sécurité de l'ONU. Exclus du cessez-le-feu convenu fin février, ils sont la cible de bombardements de l'aviation russe.

Mais Washington accuse Moscou d'également cibler au cours de ces raids aériens des rebelles modérés opposés au président Assad, dont le Kremlin est le principal allié et qui le soutient militairement depuis le 30 septembre. La Russie dément et exige que les Etats-Unis demandent aux rebelles de se retirer des lieux occupés par Al-Nosra et l'EI.

Jusqu'à présent, les Etats-Unis, à la tête d'une large coalition internationale, concentrent leurs efforts sur la lutte contre l'EI. Ils ont toujours refusé de procéder à des frappes communes avec l'armée russe.

Concernant le processus de paix au point mort depuis des mois, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, accusé par Moscou de "se défausser de ses responsabilités", a affirmé jeudi qu'il visait une troisième session de pourparlers en "août". Il avait auparavant espéré une reprise des discussions en juillet, afin d'amorcer une transition politique en août.