Jugement le 6 décembre pour le "baiser de Nador" au Maroc

Le verdict pour les deux adolescents, arrêtés en octobre à Nador au Maroc, tombera le 6 décembre.
07 août 2015, 12:03
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
epa03907681 Young Moroccans participate in a 'kiss-in' in Rabat, Morocco, 12 October 2013, to protest against the arrest and trial of three teenagers for allegedly 'violating public decency' after posting photos of two of them kissing on social networking website Facebook.  EPA/Abdelhak Senna

Le jugement sera rendu le 6 décembre dans le procès des adolescents arrêtés en octobre à Nador, au Maroc, pour avoir publié sur Facebook une photo où ils s'embrassent, a indiqué vendredi leur avocat. Il a ajouté qu'ils devraient en principe échapper à la prison.

"Après une nouvelle audience qui a duré plus de deux heures, le juge a déclaré que le jugement serait rendu le 6 décembre", a dit Me Monaïm Fattahi, l'avocat du couple et de leur ami auteur du cliché. "Dès le début de l'audience, le parquet a écarté la peine de prison. Il a demandé que les adolescents soient blâmés, ce qui est plutôt positif", selon la même source.

Agés de 14 et 15 ans, les trois adolescents avaient été arrêtés le 4 octobre et détenus pendant trois jours dans un centre pour mineurs à Nador, à la suite d'une plainte d'une ONG locale. Cette dernière les accusait d'"atteinte grave à l'éducation et à la culture marocaines" et "atteinte aux sentiments des citoyens", pour avoir publié sur le réseau social Facebook une photo où le couple s'embrasse.

Le cliché avait été pris devant leur collège à Nador, une ville réputée conservatrice du nord-est du royaume. Officiellement poursuivis pour "atteinte à la pudeur publique", ils avaient été remis en liberté par les autorités judiciaires, et leur procès s'était ouvert le 11 octobre.

Leur arrestation avait enflammé les réseaux sociaux, et trouvé un écho au-delà des frontières du Maroc. Un "kiss-in" inédit avait été organisé à Rabat, la capitale, le 12 octobre. Une quarantaine de personnes, dont une dizaine de couples, y avaient alors participé et fait l'objet de violences de la part de contre-manifestants.