L'Afrique du Sud rend hommage à Nelson Mandela, un an après sa mort

Les Sud-Africains célèbrent ce vendredi le premier anniversaire de la mort de Nelson Mandela.
07 août 2015, 14:31
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
A mural of former South African President Nelson Mandela is painted on the wall of a building during his first dead anniversary in Cape Town, South Africa, Friday, Dec. 5, 2014. Mandela died on Dec. 5 last year at the age of 95 after a long illness. (AP Photo/Schalk van Zuydam)

L'Afrique du Sud a communié vendredi dans le souvenir de l'ancien président Nelson Mandela décédé il y a exactement un an. Prières, incantations aux ancêtres et discours se sont succédé lors d'une longue journée d'hommage.

Toute l'Afrique du Sud a observé trois minutes et sept secondes de bruit, pendant lesquelles les cloches des églises ont sonné, puis trois minutes de silence, symbolisant les 67 ans d'action politique de Mandela, dont 27 années incarcéré au bagne.

Brûlant des herbes dans la longue spirale d'une corne de koudou, un chef Khoïsan (bushman), Ron Martin, a élevé une incantation aux ancêtres de l'Afrique du Sud, privée depuis un an de sa figure tutélaire. Mandela est toujours révéré pour son oeuvre de réconciliation nationale après l'oppression et les atrocités commises sous le régime raciste d'apartheid de 1948 à 1994.

"Nous commençons, c'est notre commencement", a-t-il récité dans sa langue, pour convoquer la bénédiction des anciens, avant des prières chrétiennes, hindou, musulmane, juive et même rastafari, dans un oecuménisme rappelant la diversité des communautés d'Afrique du Sud.

Héritage récupéré

"La vie de nos ancêtres est le pilier de notre sagesse", a expliqué ensuite le chef Khoïsan aux journalistes. "Nous avons eu vingt ans de démocratie grâce à Mandela, mais avant l'avènement de la démocratie, nous n'étions pas autorisés à pratiquer notre religion. Tout sentiment de fierté était brimé sous l'apartheid, mais nous récupérons notre héritage aujourd'hui", a-t-il déclaré.

Graça Machel, la veuve du prix Nobel de la paix, a ensuite pris la parole, vêtue de noire, une étole jaune d'or à l'épaule. "Je sais que Madiba est en bonne compagnie (...), cette pensée m'a soutenue tout au long de cette année", a-t-elle dit au siège du gouvernement, où la cérémonie s'est déplacée. "J'ai eu ce privilège singulier d'être l'épaule sur laquelle il a pu s'appuyer au crépuscule de sa vie", a-t-elle dit.

Le dernier président blanc de l'Afrique du Sud, Frederik de Klerk, co-lauréat du Nobel, a lui aussi estimé que l'héritage de Mandela "était toujours là pour nous guider".

Zuma absent

En l'absence du président Jacob Zuma, en déplacement à Pékin pour une visite d'Etat, la cérémonie était célébrée au Freedom Park de Pretoria, un lieu de mémoire de facture récente bâti avec des pierres arrachées à différents lieux d'Afrique du Sud où sont tombés des martyrs de la liberté.

Des stèles portent aussi leurs noms gravés dans la pierre, à la manière du mémorial des vétérans du Vietnam à Washington.

Né en 1918, Nelson Mandela ou "Madiba" de son nom de clan, premier président noir de son pays et apôtre de la réconciliation raciale après trois siècles de domination blanche, s'est éteint le 5 décembre 2013 à Johannesburg. Il repose à Qunu, son village d'enfance, dans le sud du pays.