L'arrestation d'un fils de général accusé de viol soulève un tollé en Chine

La presse officielle chinoise emboîtait le pas aux internautes chinois lundi pour dénoncer les travers des enfants de l'élite du régime. L'arrestation récente d'un fils de général soupçonné d'avoir participé à un viol collectif suscite l'indignation.
07 août 2015, 11:02
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

Li Guanfeng, fils de Li Shuangjiang, qui est aussi une vedette de la chanson à la télévision chinoise, a été placé en détention jeudi, dernière allégation en date contre un enfant de la nomenklatura en Chine.

La nouvelle a dominé l'internet chinois, des forums aux sites des journaux officiels, dans un pays où la population s'emporte particulièrement lorsque les rejetons de l'élite commettent des crimes.

"L'éducation" doit être "prudente" dans les familles des personnalités célèbres ou à succès, a ainsi estimé le "Quotidien du peuple", l'organe du Parti communiste au pouvoir. "Ces enfants n'ont pas connu le dur labeur, nécessaire au succès, mais ont pu profiter des fruits de ce travail", selon le journal.

"Ils sont habitués à avoir tout ce qu'ils demandent et à ne pas avoir à gérer eux-mêmes leurs problèmes, utilisant le nom de leurs parents comme excuse, considérant leur richesse comme acquise et défiant la loi comme si c'était un acte de bravoure", a encore détaillé le quotidien.

Prénom changé

Li est l'une des cinq personnes soupçonnées d'avoir participé le 17 février dernier à l'agression sexuelle et au viol d'une femme dans une chambre d'hôtel après une nuit alcoolisée, a expliqué le quotidien, citant une source au sein de la police de Pékin.

Ce n'est pas la première fois que l'adolescent âgé de 17 ans se fait remarquer. Placé en détention pour un an en 2011 après avoir battu un couple sous les yeux de leur jeune enfant, la presse avait révélé que les parents de Li avaient fait changer son prénom lors de sa sortie de maison de correction, de Tianyi à Guanfeng.

Des centaines de milliers d'internautes avaient alors déjà exprimé leur indignation, et le général avait du s'excuser pour les actions de son fils.