L'ex-ministre retrouvé dans le Danube à Vienne était recherché

L'ancien ministre libyen du Pétrole de Mouammar Kadhafi dont le corps sans vie a été retrouvé noyé le 29 avril à Vienne dans le Danube faisait l'objet d'une enquête pour corruption dans son pays, a annoncé mercredi le procureur général de Tripoli.
05 août 2015, 16:44
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

Ce dernier n'a pas voulu s'étendre sur cette enquête visant Chokri Ghanem, qui a dirigé pendant de nombreuses années la compagnie nationale d'hydrocarbures National Oil Corporation (NOC) avant de faire défection il y a un an, en plein soulèvement contre le régime de Kadhafi.

Il s'était alors établi dans la capitale autrichienne où il travaillait comme consultant dans le secteur pétrolier. Chokri Ghanem, qui a également dirigé le gouvernement libyen de 2003 à 2006, était un proche du fils cadet de Mouammar Kadhafi, Seïf al-Islam, actuellement détenu en Libye.

De par ses fonctions dans le secteur pétrolier, il était susceptible de posséder des informations ultrasensibles, y compris sur les contrats pétroliers passés par l'ancien régime avec des gouvernements et des compagnies occidentaux.

Le procureur, Abdelaziz al Hassadi, a refusé de confirmer si l'enquête portait sur la période (2006 à 2009) durant laquelle Chokri Ghanem avait présidé la NOC. Un mandat d'arrestation avait été délivré à son encontre et envoyé il y a un mois environ à Interpol sans que cette dernière organisation y réponde.

La police autrichienne a fait savoir que, dans l'état actuel de son enquête, la noyade de l'ancien premier ministre libyen n'avait rien de suspect. Ce n'est pas l'avis de plusieurs amis et collègues du défunt, qui n'excluent pas un meurtre pour faire disparaître des secrets embarrassants pour le clan Kadhafi.

Chokri Ghanem, qui était âgé de 69 ans, connaissait des problèmes de santé et venait de passer une série d'examens médicaux dont il craignait les résultats, d'après le témoignage d'un de ses amis.