La Belgique paralysée par une grève contre le gouvernement

La Belgique a tourné au ralenti ce lundi en raison d'une grève dans les mesures d'austérité du gouvernement.
07 août 2015, 14:29
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Workers of all major trade unions block an intersection at the port of Antwerp, Belgium, Monday, Nov. 24, 2014.  Trade unions have opened a month of intermittent strike action by paralyzing the port of Antwerp and slowing train traffic through much of Belgium. (AP Photo/Yves Logghe)

La Belgique a tourné au ralenti lundi en raison d'une grève contre les mesures d'austérité du nouveau gouvernement de droite qui a paralysé les transports ainsi que le port d'Anvers. Plusieurs manifestations de ce type suivront dans différentes provinces du pays, avant une grève générale prévue le 15 décembre.

La grève de lundi, qui a touché quatre des dix provinces du pays (Anvers, Limbourg, Luxembourg et Hainaut), a eu des répercussions jusque dans la capitale, Bruxelles, où la circulation des trains a été perturbée et le trafic automobile particulièrement congestionné. Elle concernait le secteur public et privé, en Flandre comme en Wallonie.

Les manifestants dénonçaient le programme de réformes économiques et sociales visant à réaliser 11 milliards d'euros d'économies en cinq ans. Il prévoit de reculer l'âge légal de départ à la retraite à 67 ans contre 65 aujourd'hui, à partir de 2030.

Ils demandent par ailleurs l'abandon du "saut d'index" prévu pour 2015, qui aura pour conséquence que les salaires et les allocations sociales ne suivront pas automatiquement l'augmentation du coût de la vie, comme c'est en principe le cas en Belgique.

Ces mesures, en rupture avec la politique centriste du précédent gouvernement, ont été dévoilées par le nouvel exécutif fédéral dirigé par le Premier ministre libéral, Charles Michel, à la tête d'une coalition avec notamment les nationalistes flamands de la N-VA.

Série de "grèves tournantes" prévue

Dans toutes les zones touchées, la circulation des bus et des trains était nulle ou très faible. Les grévistes ont bloqué l'accès aux zones industrielles, voire aux parkings pour empêcher les salariés d'aller travailler. A Charleroi, 70% des commerces et la plupart des grandes surfaces n'ont pas ouvert leurs portes lundi matin, selon les syndicats. L'usine Ford à Genk (nord) était à l'arrêt.

Cette journée était la première d'une série de "grèves tournantes" dans plusieurs provinces de Belgique, avant une grève générale prévue le 15 décembre. Elle faisait suite à une manifestation considérable qui avait réuni plus de 100'000 personnes, soit environ 1% de la population, le 6 novembre à Bruxelles. Elle avait été marquée par des incidents en fin de cortège, qui avaient fait une centaine de blessés chez les policiers.