La Corée du Sud commémore le bombardement de son île par la Corée du Nord

Le 23 novembre 2010, la Corée du Nord bombardait l'île de Yeonpyeong appartenant à sa voisine du Sud. C'était le plus grave incident depuis la fin de la guerre de 1950-1953. La Corée du Sud commémore l'événement.
06 août 2015, 15:11
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
La Corée du Sud commémorait vendredi le bombardement en 2010 par la Corée du Nord d'une île proche de la frontière maritime contestée par Pyongyang.

La Corée du Sud commémorait vendredi le bombardement en 2010 par la Corée du Nord d'une île proche de la frontière maritime contestée par Pyongyang. Cet incident était le plus grave de ce type depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53).

Le 23 novembre 2010, l'artillerie nord-coréenne avait envoyé une pluie d'obus sur l'île de Yeonpyeong, un récif de 7 km2 en mer Jaune, provoquant le décès de deux civils et deux soldats sud-coréens.

La Corée du Sud avait procédé à quelque 80 tirs de riposte, faisant craindre une escalade et le déclenchement d'un nouveau conflit sur la péninsule entre le Nord communiste soutenu par la Chine et le Sud allié des Etats-Unis qui y maintiennent 28 500 soldats.

Pyongyang a menacé jeudi de récidiver en cas de franchissement de la frontière par des troupes ou des munitions sud-coréennes au cours de manoeuvres prévues par Séoul ce vendredi autour de Yeonpyeong.

Mise en garde lancée

Tout incident entraînerait "un deuxième désastre", a averti un porte-parole de l'armée nord-coréenne cité par l'agence officielle KCNA.

Le Sud, qui a fait savoir que les exercices ne se feraient pas à balles réelles, a parallèlement organisé plusieurs cérémonies sur l'île deux ans après son bombardement.

Un musée comprenant des maisons éventrées par les obus devait notamment être inauguré.

1500 militaires

L'île désertée aussitôt après a retrouvé depuis une activité plus importante à la faveur des efforts de reconstruction, sa population passant de 1700 à 2000 civils et le détachement militaire de 500 à 1500 soldats. Mais le traumatisme reste.

"Certains disent qu'ils ne dorment toujours pas la nuit, ils ont du mal à respirer, leur coeur se met à battre plus vite au bruit des sirènes", a expliqué à l'AFP un médecin de l'île, Park Kil-Soon.

Dans les rues, des banderoles proclamaient: "Nous n'oublierons jamais".

Accusation

Jeudi soir, des transfuges nord-coréens ont donné un spectacle de chant et de danse dans un abri souterrain.

Yeonpyeong se trouve juste au sud de la ligne frontalière décrétée par les Nations unies après la guerre de Corée, au nord de la ligne de partage revendiquée par Pyongyang. De graves incidents navals avaient eu lieu dans la même zone en 1999, 2002 et en novembre 2009.

Séoul accuse aussi Pyongyang d'avoir torpillé une de ses corvettes près de cette ligne en mars 2010, envoyant par le fond 46 marins sud-coréens.