La fillette virtuelle de Terre des Hommes a permis de repérer 20'000 pédophiles

Un pédophile australien de 37 ans vient d'être condamné grâce à une petite fille virtuelle, imaginée par Terre des Hommes. La méthode aurait permis de repérer près de 20'000 prédateurs sexuels.
07 août 2015, 14:22
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Sweetie, une petite fille virtuelle a permis l'arrestation d'un pédophile australien.

Sweetie a dix ans, elle vit aux Philippines et est utilisée par Terre des Hommes pour attirer les pédophiles. Sauf que Sweetie n'est pas réelle mais virtuelle. Développée par l'ONG Terre des Hommes pour lutter contre la pédopornographie, elle reproduit à la perfection les mouvements et les expressions humaines grâce à un système de capteurs.

Mise en service en novembre 2013, elle aurait permis à la branche néerlandaise de Terre des Hommes de repérer près de près de 20'000 prédateurs sexuels venant de 71 pays grâce à l’appat numérique, relate Konbini. La moitié d'entre eux a ensuite pu être identifié par l'ONG en collaboration avec Interpol. Parmi eux, un Australien de 37 ans. Il vient d'être arrêté et condamné à deux ans de prison pour avoir utilisé un fournisseur de services afin de communiquer avec un mineur et de posséder du matériel pédophile.

A visage découvert

Preuve que la pédophilie en ligne se pratique à visage découvert, il a été facile à l'ONG de récupérer les données personnelles des pédophiles une fois qu'ils les avaient transmises à Sweetie. Adresse, numéro de téléphone, photo, coordonnées bancaires, tout était disponible.

Terre des Hommes précise par ailleurs qu'ils se sont contentés d'attendre que les prédateurs viennent à eux et d'attendre leur proposition. Une façon d'éviter d'éviter d’être accusée de pousse-au-vice et couper court à tout début de polémique. L'opération se terminait lorsqu’un internaute un peu avenant en arrivait à proposer à la Sweetie de l’argent contre des services sexuels.

"Se mettre dans la peau d’une fillette philippine de dix ans et voir ce que certains hommes veulent de vous a été une expérience choquante pour les personnes constituant l’équipe. Il y avait des demandes et des gestes vraiment obscènes" rapporte Hans Guyt, le responsable de l’enquête.