La gauche favorite au premier tour des législatives françaises lourdes d'enjeux

Les Français votaient dimanche pour le premier tour des élections législatives. La gauche part favorite. Participation en baisse.
06 août 2015, 09:57
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Les Français votaient sans enthousiasme dimanche pour le premier tour des élections législatives. La gauche part favorite de ce scrutin, un mois après l'élection du socialiste François Hollande à la présidence de la République.

A 17 heures, le taux de participation était de 48,31% en France métropolitaine contre 49,28% à la même heure lors des législatives, de juin 2007, a annoncé le ministère de l'Intérieur. Les sondages prédisent un taux d'abstention record - jusqu'à 43% selon un dernier sondage publié vendredi.

De la participation dépend notamment le "ticket d'entrée" pour le second tour - fixé à 12,5% des inscrits, il grimpe à environ 22% des suffrages exprimés pour une abstention à 43% - et donc le nombre de triangulaires, plus pénalisantes pour l'UMP et ses alliés que pour la gauche.

Le scrutin s'est ouvert à 08H00 et devait se clôturer dans les grandes villes à 20H00. Environ 46 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes. Quelque 6603 candidats se disputent les 577 sièges de députés.

Une majorité pour Hollande

Pour le Parti socialiste, l'enjeu est de confirmer, voire amplifier le résultat de la présidentielle pour donner à M. Hollande une majorité à l'Assemblée nationale, après avoir conquis le Sénat à l'automne. La gauche est donnée largement en tête par tous les sondages, mais l'enjeu est de savoir si le PS obtiendra la majorité absolue ou s'il devra composer avec les Verts, voire avec le Front de gauche.

Un enjeu qu'a rappelé Jean-Marc Ayrault après avoir voté. "Je souhaite, au-delà de mon cas, qu'il y ait une large majorité, solide, cohérente, pour mettre en oeuvre le projet présidentiel", a-t-il dit, estimant qu'une situation "de blocage institutionnel" n'était "pas dans l'intérêt de la France".

La patronne du PS Martine Aubry s'est dite "confiante" en votant à Lille (nord), évoquant néanmoins une certaine "inquiétude" quant à la participation. Le chef de l'UMP Jean-François Copé s'est pour sa part déclaré "serein" après avoir déposé son bulletin dans l'urne à Meaux, en région parisienne, où il est candidat.

Double peine pour l'UMP

M. Copé avait appelé ces derniers jours à "élire dès maintenant une majorité de députés de droite pour empêcher l'irréparable, pour ne pas anéantir ce qui a été fait".

Pour l'UMP, l'enjeu est d'éviter la double peine: une défaite humiliante qui jetterait une ombre sur son avenir, après l'échec de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. Moins de 200 sièges au soir du 17 juin serait synonyme de graves tensions au sein du grand parti de droite et aggraverait sans doute la guerre des chefs qui se profile pour son congrès de l'automne prochain.

Quant au Front national, dont la présidente Marine Le Pen avait obtenu 6,5 millions de voix au premier tour de la présidentielle, l'objectif est de revenir à l'Assemblée après 26 ans d'absence et de s'imposer comme un concurrent de l'UMP. Il lui faut pour cela se maintenir dans le maximum de circonscriptions - les analystes tablent sur plusieurs dizaines mais moins d'une centaine.

Duels incertains

L'un des principaux duels de ce scrutin se déroule dans la très médiatisée 11e circonscription du Pas-de-Calais, où s'affrontent Marine Le Pen et l'ancien candidat du Front de gauche à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon.

Les regards se tourneront également dimanche soir vers des figures engagées dans des batailles incertaines, comme les ministres PS Stéphane Le Foll (Agriculture), Aurélie Filippetti (Culture) et Marie-Arlette Carlotti (Handicapés), qui perdraient leur place au gouvernement en cas de défaite, ou les ex-ministres UMP Xavier Bertrand et Nathalie Kosciusko-Morizet.

Seront aussi très suivis l'ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, confronté à une candidature dissidente dans la 3e circonscription des Yvelines, l'ancienne candidate socialiste à l'Elysée Ségolène Royal à La Rochelle, ainsi que le leader centriste François Bayrou dans les Pyrénées-Atlantiques (sud-ouest).

Le MoDem, qui n'a que trois députés dans l'Assemblée sortante, joue sa survie dans cette élection.